Myélopathie dégénérative chez le chien : symptômes, diagnostic et espérance de vie

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Votre chien trébuche, traîne les pattes arrière ou semble perdre progressivement l’équilibre ? Ces signes peuvent être les premiers symptômes d’une myélopathie dégénérative. Cette maladie neurologique héréditaire, souvent comparée à la maladie de Charcot chez l’humain, entraîne une dégradation progressive de la moelle épinière. Sans traitement curatif à ce jour, elle évolue malheureusement vers une paralysie. Détection précoce, diagnostic, accompagnement et qualité de vie : voici tout ce qu’il faut savoir sur cette affection encore méconnue des propriétaires.

berger allemand atteint de myélopathie dégénérative ayant besoin de soins vétérinaires

Qu’est-ce que la myélopathie dégénérative ?

La myélopathie dégénérative est une maladie neurodégénérative chronique de la moelle épinière, principalement observée chez les chiens âgés. Elle provoque une destruction progressive des fibres nerveuses chargées de transmettre les informations entre le cerveau et les membres. À mesure que la maladie progresse, l’animal perd peu à peu sa coordination, puis sa capacité à marcher. Cette affection présente des similitudes avec certaines formes de SLA (sclérose latérale amyotrophique) chez l’humain.

Longtemps considérée comme rare, la myélopathie est aujourd’hui mieux identifiée grâce aux progrès de la neurologie vétérinaire et aux tests génétiques. Elle reste toutefois une maladie particulièrement éprouvante pour les familles qui voient leur compagnon perdre progressivement sa mobilité.

Quels sont les symptômes de la myélopathie dégénérative ?

La maladie apparaît généralement chez des chiens dits “séniors”, à savoir de plus de 7 ou 8 ans, même si certains individus peuvent développer les premiers signes plus tardivement. Les symptômes s’installent lentement, parfois sur plusieurs mois, ce qui rend leur identification difficile au début.

Les premiers changements observés concernent souvent l’arrière-train. Le chien semble moins stable, trébuche davantage ou peine à se relever après une période de repos. Certains propriétaires remarquent une usure anormale des griffes des pattes arrière, conséquence du frottement du pied sur le sol.

Avec l’évolution de la maladie, plusieurs signes peuvent apparaître :

  • perte de coordination ;
  • démarche vacillante ;
  • faiblesse progressive des membres postérieurs ;
  • difficultés à se lever ou à monter les escaliers ;
  • traînement des pattes arrière ;
  • fonte musculaire ;
  • incontinence urinaire ou fécale dans les stades avancés ;
  • paralysie progressive pouvant s’étendre à l’ensemble du corps.

Contrairement à de nombreuses maladies orthopédiques comme la lombalgie ou les maux de dos, la myélopathie dégénérative est généralement indolore. C’est précisément ce qui la distingue d’autres affections locomotrices fréquentes chez le chien senior.

À ne pas confondre avec l’arthrose ou une hernie discale

Face à un chien âgé qui se déplace moins facilement, le premier réflexe est souvent de penser à l’arthrose. Pourtant, de nombreuses pathologies peuvent provoquer des troubles locomoteurs : dysplasie des hanches, hernie discale, compression médullaire, tumeur, maladie inflammatoire ou encore atteinte neurologique.

La myélopathie dégénérative est souvent qualifiée de « maladie de l’imitation » car ses premiers symptômes ressemblent à ceux de nombreuses autres affections. C’est pourquoi un bilan vétérinaire approfondi est indispensable avant de conclure à cette maladie.

À noter : Contrairement à l’arthrose ou à certaines hernies discales, la myélopathie dégénérative n’entraîne généralement pas de douleur. La perte de mobilité est liée à une dégradation neurologique progressive de la moelle épinière.

Un signe particulièrement évocateur est le fait que le chien « oublie » la position de ses pattes arrière. Il peut les croiser, les retourner ou les laisser traîner sans réagir immédiatement.

Comment diagnostiquer une myélopathie dégénérative ?

Le diagnostic est souvent complexe car il n’existe pas, chez l’animal vivant, d’examen permettant à lui seul de confirmer avec certitude la maladie. Les vétérinaires procèdent donc par exclusion en recherchant d’abord toutes les autres causes possibles des symptômes observés.

Le bilan comprend généralement :

  • un examen neurologique complet ;
  • des analyses sanguines ;
  • une imagerie médicale avancée (IRM ou scanner) ;
  • une analyse du liquide cérébro-spinal dans certains cas ;
  • des examens destinés à écarter une tumeur, une hernie discale ou une inflammation de la moelle épinière.

Le test du retournement de la patte

Il existe un test simple souvent utilisé lors de l’examen neurologique. Le vétérinaire replie délicatement le dessus de la patte arrière contre le sol. Un chien sain remet immédiatement son pied dans sa position normale. Lorsqu’il souffre d’une atteinte neurologique, cette correction peut être retardée ou absente.

Ce test ne permet pas à lui seul de poser un diagnostic, mais il peut orienter les investigations vers une atteinte de la moelle épinière.

Qu’est-ce que le test ADN DM ?

Un test génétique, réalisé à partir d’un simple prélèvement buccal, permet de rechercher une mutation du gène SOD1 associée à la myélopathie dégénérative. Il est fréquemment utilisé par les éleveurs chez les chiens de races prédisposées, afin de limiter la transmission de cette maladie héréditaire.

Il est toutefois important de préciser qu’un résultat positif ne signifie pas automatiquement que le chien développera la maladie. Le test évalue un risque génétique mais ne remplace pas les examens cliniques et neurologiques.

Pas de traitement curatif, mais des solutions pour préserver la qualité de vie

À l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de guérir la myélopathie dégénérative ni d’arrêter totalement son évolution. La prise en charge vise donc à ralentir la perte de mobilité et à maintenir le confort de vie le plus longtemps possible.

L’évolution varie selon les individus, mais de nombreux chiens perdent la capacité de marcher dans l’année qui suit l’apparition des premiers symptômes. La maladie continue ensuite sa progression vers les membres antérieurs.

Les compléments alimentaires

Certaines approches nutritionnelles sont parfois proposées dans les premiers stades de la maladie. Des antioxydants tels que la vitamine E, parfois associés à la vitamine C, ainsi que certains acides gras essentiels, peuvent être recommandés par le vétérinaire.

Ces compléments alimentaires ne guérissent pas la maladie mais peuvent participer au soutien général de l’organisme. Leur utilisation doit toujours être discutée avec un professionnel de santé animale.

La physiothérapie et la rééducation fonctionnelle

La physiothérapie constitue aujourd’hui l’un des principaux outils d’accompagnement. Elle permet de maintenir plus longtemps la masse musculaire et l’autonomie du chien.

L’hydrothérapie est particulièrement appréciée. Grâce à la portance de l’eau, le chien peut travailler sa musculature tout en limitant les contraintes sur ses articulations. Les médecines alternatives comme les séances de laser thérapeutique, de kinésithérapie ou d’acupuncture vétérinaire peuvent également être envisagées selon les besoins de l’animal.

L’appareillage et les aides à la mobilité

Lorsque les membres postérieurs deviennent trop faibles, des solutions existent pour aider le chien à conserver une certaine autonomie. Harnais de soutien, sangles de levage, bottines de protection ou chariots roulants permettent à certains animaux de continuer à se déplacer malgré leur handicap.

Même si la maladie progresse inexorablement, ces équipements peuvent considérablement améliorer le quotidien du chien et de sa famille.

Peut-on prévenir la myélopathie dégénérative ?

Parce qu’elle possède une composante génétique importante, il est impossible de prévenir totalement cette maladie. En revanche, la sélection génétique réalisée par certains éleveurs grâce aux tests ADN contribue à réduire le risque de transmission.

Par ailleurs, maintenir un chien à son poids idéal reste essentiel. Le surpoids accentue les difficultés locomotrices et réduit la qualité de vie lorsque la maladie apparaît. Une alimentation équilibrée, une activité physique adaptée à l’âge de l’animal et un suivi vétérinaire régulier participent également à préserver sa mobilité le plus longtemps possible.

quelle est l'alimentation équilibrée pour un chien?

Quelle est l’espérance de vie d’un chien atteint de myélopathie dégénérative ?

C’est souvent la question qui préoccupe le plus les propriétaires. Malheureusement, la myélopathie dégénérative est une maladie évolutive dont l’issue reste fatale. Après l’apparition des premiers symptômes, l’évolution se poursuit généralement sur plusieurs mois à quelques années selon les individus.

La décision d’une euthanasie peut être envisagée lorsque la perte de mobilité devient trop importante et que la qualité de vie du chien se dégrade fortement. Cette décision, toujours difficile, doit être prise avec l’accompagnement du vétérinaire et en tenant compte du bien-être de l’animal.

Si votre chien commence à perdre l’équilibre, à traîner les pattes arrière ou à présenter une démarche inhabituelle, n’attendez pas. Un diagnostic précoce permet d’écarter d’autres maladies parfois traitables et de mettre en place rapidement les mesures qui aideront votre compagnon à conserver sa qualité de vie le plus longtemps possible.

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