Curtis, chien en sursis : une association prête à changer son destin

Par Karelle Bourgueil -

Le cas Curtis enflamme la toile et mobilise les internautes. Enfermé dans un chenil depuis six ans, cet American pit bull terrier risque l’euthanasie pour avoir mortellement mordu Elisa Pilarski en 2019. Le tribunal doit rendre sa décision le 11 juin prochain. Depuis la fin du procès, deux pétitions ont été lancées et l’association Agir pour la Vie Animale (AVA) propose de l’accueillir dans son refuge sanctuaire.

chien american pittbull terrier dans l'herbe

Plus de 80 000 signatures

Quatre ans de prison avec sursis pour Christophe Ellul, le compagnon d’Elisa Pilarski jugé pour homicide involontaire, et l’euthanasie du chien Curtis, voici les réquisitions de la procureure suite au procès qui s’est terminé le 5 mars dernier. Depuis cette annonce, deux pétitions ont été lancées sur la toile pour sauver Curtis et récoltent aujourd’hui plus de 80 000 signatures.

Une des pétitions met en avant que « Curtis a passé la majeure partie de son existence derrière les barreaux » et l’autre insiste sur le fait que « l’animal ne doit pas payer pour les erreurs des humains ». Mais surtout, elle évoque une alternative sérieuse, responsable et sécurisée à l’euthanasie de Curtis : le placement dans le refuge sanctuaire de l’association AVA.

Un refuge sanctuaire pour les « indésirables »

Située en Normandie, la ferme refuge du Quesnoy est l’un des plus grands refuges multi-espèces de France. Les 500 animaux qui y vivent ont tous en commun d’avoir échappé à l’euthanasie ou à l’abattoir.

Depuis le 16 septembre 2019, jour où Elisa Pilarski a été retrouvée décédée en forêt de Retz, le docteur vétérinaire Thierry Bedossa, président de l’association AVA, s’est investi dans cette affaire pour tenter de plaider la cause de Curtis. L’association, reconnue pour son engagement et son expertise dans la protection animale, s’est officiellement proposée pour accueillir Curtis à vie dans son refuge sanctuaire sécurisé.

Des infrastructures pensées pour les animaux dangereux

Si l’association AVA souhaite accueillir Curtis, ce n’est pas juste pour le sauver de l’euthanasie et le réduire à une vie de chenil bétonné, comme c’est le cas depuis six ans, mais pour lui offrir un environnement adapté à ses besoins.

Grands enclos extérieurs sécurisés, système de trappe à muselière, grillage rigide et enterré, le refuge dispose d’infrastructures spécialement conçues pour les animaux nécessitant un encadrement particulier, d’équipes professionnelles expérimentées et de protocoles assurant la sécurité de tous.

En intégrant la ferme refuge de l’association AVA, Curtis pourrait poursuivre sa vie décemment dans un lieu sécurisé sous la supervision de professionnels qualifiés et sans représenter de danger pour la société.

Curtis est un chien médiatisé mais ce n’est pas un cas isolé. Ce drame amène un débat éthique plus large : que faire de ces chiens trop vieux, handicapés, aux comportements dits « gênants » ou dont la dangerosité est avérée et dont personne ne veut plus ? L’association AVA et son refuge sanctuaire offre une solution adaptée.