Aloka, le chien errant devenu star Instagram avec 800 000 abonnés
Il n’y a pas si longtemps, Aloka vivait dans les rues de Kolkata, en Inde. En 2022, lors d'une marche pour la paix, ce chien errant a choisi de suivre des moines bouddhistes. Aujourd'hui, il compte plus de 800 000 abonnés sur Instagram et ses vidéos cumulent des millions de vues. Retour sur son parcours hors normes
De chien des rues à ambassadeur de la paix
Pendant ces 112 jours de marche, ces moines bouddhistes ont croisé de nombreux chiens errants. La plupart les ont suivis quelques jours avant de repartir. Aloka, lui, est resté à leurs côtés, sans laisse, sans ordre et sans promesse de nourriture.
En sanskrit, Aloka signifie "lumière". Quand les moines américains sont rentrés aux États-Unis, le leader spirituel du groupe Bhikkhu Pannakara a décidé qu'Aloka méritait une vie meilleure que la rue. Les membres du centre Huong Dao Vipassana Bhavana (Texas) ont alors lancé une collecte de fonds et réuni 14 000 dollars pour le faire venir aux États-Unis.
Depuis fin octobre dernier, Aloka accompagne les moines dans leur nouvelle marche. Partis de Fort Worth, ils devraient parcourir dix États avant d'arriver à Washington D.C.dans le courant du mois de février.
800 000 abonnés sur Instagram, des millions de vues
Chaque jour, sur le compte d'Aloka, les commentaires affluent du monde entier. Chacune de ses publications est disséquée à la loupe par les internautes. Ces retrouvailles avec les moines ont d'ailleurs pulvérisé des records de partage.
On l'a compris, les internautes suivent son histoire comme une série. Ils s'inquiètent quand il boite et se réjouissent quand il va mieux. Ils fondent devant ses pulls colorés. En somme, Aloka est devenu plus qu'un chien, il est devenu un symbole.
Sa présence douce, sa détermination tranquille, son parcours de chien errant devenu compagnon de moines sont entrés dans la légende. En Inde, son statut de paria
ou de bâtard
aurait pu ternir sa réputation. Mais, comme l'enseigne la philosophie bouddhiste, on n'est pas supérieur par la naissance ; mais par les actes.
Une médaille et des soins accordés à Aloka
À Henrico County, en Virginie, la police locale l'a honoré en lui offrant une épingle de la police et un badge de la Protection Animale. Le geste est touchant, mais il soulève aussi une question : pourquoi Aloka mérite-t-il cette attention, et pas les milliers d'animaux dans des refuges ?
Début janvier, les moines ont remarqué qu'Aloka boitait. Le 12 janvier, la clinique vétérinaire Charleston Veterinary Referral Clinic a réalisé une chirurgie orthopédique gratuite pour réparer une déchirure du ligament croisé. La clinique a partagé que c'était un honneur, et non pas une obligation de soigner Aloka.
Quand la météo est trop rude ou lorsqu'il a besoin de repos, Aloka voyage parfois dans le van d'accompagnement. Il porte des manteaux Snoopy et des bottines pour protéger ses pattes. Nghia, le conducteur passe beaucoup de temps à veiller sur lui. Même à distance, cette attention, ces soins et cet amour sont magnifiques à voir.
Un paradoxe glaçant
Les chiens de refuges n'ont pas de compte Instagram. Personne ne collecte 14 000 dollars pour les faire venir dans un autre pays. Aucune clinique vétérinaire ne leur offre de chirurgie gratuite. Aucune police ne leur décerne de badge. Dans des boxes de trois mètres carrés, ils attendent qu'une famille les remarque enfin.
L'histoire d'Aloka est magnifique, mais elle devrait faire office d'électrochoc. Des milliers de chiens comme lui attendent en silence. Aloka n'a pas été sauvé parce qu'il était spécial, mais car des moines ont choisi de l'accueillir.