Cet influenceur menteur voit les conséquences de ses actions
Depuis quelques jours, le faux enlèvement d'Albert (le chien de l’influenceur français de Cyril Schreiner) a défrayé la chronique. Suite à la polémique, l'association Youcare a déposé une plainte pour détournement de la cause animale. Ce canular pose de sérieuses questions sur l’éthique de certains créateurs de contenu et place le bien-être animal comme une priorité nationale.
Une histoire inventée de toutes pièces
Fin janvier, Cyril Schreiner, un créateur de contenu très suivi par des millions de personnes, a pris la parole sur TikTok, Snapchat et Instagram. Il a annoncé que son carlin Albert avait été enlevé à son domicile par deux individus cagoulés. L’influenceur a ensuite partagé des publications émotionnelles dans lesquelles il fournissait des preuves du rapt. Enfin, il a précisé que des négociations étaient en cours pour le récupérer.
Rapidement, l’histoire s’est transformée en saga, avec des vidéos accumulant des millions de vues, mais a également engendré de multiples commentaires. La disparition de cet adorable chien n'a laissé personne indifférent. Oscillant entre le désarroi et la colère, certains internautes ont même fait des dons pour épauler l'influenceur.
Le terrible aveu
Au bout de plusieurs jours, les doutes ont commencé à émerger. Une poignée d'abonnés a tiré la sonnette d'alarme et a pointé du doigt les incohérences du récit. Finalement, le 9 février, Cyril Schreiner a publié une vidéo dans laquelle il avoue avoir tout inventé. Albert n’a jamais quitté la maison et n’a jamais été kidnappé. Pire encore, certaines vidéos ont même été truquées.
En guise de justification, Cyril Schreiner explique qu’il a voulu faire de l’« entertainment ». Cette plaisanterie destinée à divertir sa communauté l'a rapidement dépassée. Il reconnait être allé beaucoup trop loin et s'être trompé. Malgré ses excuses, de nombreux internautes dénoncent son geste comme étant manipulateur et irresponsable, estimant qu’il a joué avec les sentiments de milliers de personnes.
Cyril Scheiner dans le collimateur d'une ONG
La situation a rapidement dépassé le cadre d’un simple (bad) buzz. L’ONG de protection animale YouCare a annoncé porter plainte contre l’influenceur pour pratiques commerciales trompeuses
et banalisation du vol d’animaux
.
Selon le porte-parole de l'association, ce type de mise en scène contribue à affaiblir la portée des véritables appels à l’aide, détourne l’attention des cas réels de maltraitance ou de disparition. Elle utilise la compassion du public pour gonfler des statistiques publicitaires ou générer des revenus.
YouCare souligne qu’une telle « blague » ne doit pas rester impunie, car elle porte atteinte à la cause animale. Elle transforme la souffrance— même simulée — en levier marketing, ce qui est non seulement immoral mais potentiellement illégal.
À présent, l'association souhaite que la justice puisse sanctionner fermement cette dérive. L'objectif est d’éviter que ce type de techniques puisse se développer et créer un phénomène de mode sur les réseaux sociaux.
Ce que cette affaire nous enseigne
Au-delà de la polémique, l’affaire Albert met en lumière un phénomène inquiétant. Certains créateurs n’hésitent plus à manipuler des émotions fortes pour obtenir des vues, des interactions ou une audience plus large, sans toutefois mesurer les conséquences morales de leurs actions.
Dans ce cas précis, un chien — un être sensible — a été instrumentalisé dans une histoire fictive, au détriment de la confiance de la communauté et de l’attention portée à ceux qui subissent des drames.
Ce faux kidnapping rappelle aussi l’importance de l’adoption responsable et du bien-être animal. Posséder un animal de compagnie implique un attachement profond envers lui, basé sur l’amour, le respect et la protection, et non sur la recherche de buzz ou de clics.
Encourager les comportements respectueux, promouvoir l’éducation, la santé et les réflexes sécuritaires sont essentiels pour que des tsunamis médiatiques de cet acabit ne se reproduisent plus jamais. En fin de compte, les animaux méritent d’avoir une place de cœur — et non pas un rôle scénarisé pour amuser la galerie.