Retrouvailles d'Aloka et des moines bouddhiste de la Marche pour la Paix : la vidéo émotion
Aloka a dû quitter ses compagnons moines en pleine marche à cause d’une blessure à la patte après avoir déjà parcouru plus de la moitié des 3 700 kilomètres prévus. Le 15 janvier, quelques jours après son opération, le chien de la paix a pu retrouver brièvement les moines bouddhistes à Charlotte, en Caroline du Nord. Les retrouvailles, filmées et partagées sur Facebook, ont ému des milliers de personnes.
Une opération prévue pour durer trois heures, terminée en une heure
La blessure d'Aloka remonte à une précédente marche pour la paix en Inde. L'intervention chirurgicale était devenue nécessaire pour lui permettre de continuer à marcher sans douleur. Le Charleston Veterinary Referral Center en Caroline du Sud a proposé de réaliser l'opération entièrement gratuitement. L'équipe médicale prévoyait une intervention de deux à trois heures. Elle n'en a duré qu'une seule.
"Nous exprimons notre gratitude sincère à l'incroyable équipe médicale pour sa compassion et sa générosité extraordinaires", ont écrit les moines sur les réseaux sociaux. Le geste de cette clinique vétérinaire a permis à Aloka de recevoir les soins dont il avait besoin sans que les moines, qui dépendent de la générosité des communautés qu'ils traversent, n'aient à supporter les frais de santé.
Un chien errant devenu symbole de paix
Aloka n'a jamais eu de propriétaire officiel. Son âge est estimé à environ quatre ans. Probablement un chien de race locale rustique, il vivait dans les rues avant de croiser un groupe de moines bouddhistes lors d'une marche pour la paix en Inde en 2022. Il les a suivis et pendant plus de 100 jours, il a marché avec eux sans laisse, sans ordre, sans contrainte. Simplement par choix.
Son nom, Aloka, signifie "lumière divine" ou "clarté intérieure" en sanskrit. Les moines disent ne pas savoir d'où il vient, ni ce qu'il a enduré avant de les rejoindre. Mais ils ont remarqué une chose : les gens qui le rencontrent ressentent un calme immédiat. Pas de l'excitation, pas de la curiosité, du calme. C'est cette qualité qui lui a valu son nom.
Quand les moines se reposaient, Aloka se reposait. Quand ils marchaient, il marchait. Il ne cherchait ni confort ni certitude avant de s'engager. Il a simplement répondu au mouvement, à la constance, à l'intention silencieuse du groupe. Sa présence est devenue partie intégrante du rythme du pèlerinage, un rappel vivant de la patience et de l'engagement.
80 jours de marche, plus de 1 800 kilomètres parcourus
Les moines bouddhistes ont entamé leur marche pour la paix le 26 octobre 2025 à Fort Worth, au Texas. Leur destination : Washington D.C., soit 3 700 kilomètres à parcourir en 120 jours. Leur objectif, selon leur page Facebook, est de "sensibiliser à la paix, à la bienveillance et à la compassion en Amérique et dans le monde entier."
Le 14 janvier, le groupe est arrivé dans la région de Charlotte, ayant déjà marché pendant plus de 80 jours consécutifs. Aloka était censé être avec eux jusqu'au bout, mais sa blessure en a décidé autrement et un simple baume pour coussinets DIY n'aurait pas suffit. Heureusement, le 15 janvier, une surprise l'attendait.
Des retrouvailles chargées d'émotion
"Nous avons de merveilleuses nouvelles à partager ! Aloka se remet très bien de son opération. Son esprit est fort et sa guérison progresse magnifiquement", peut-on lire dans le post Facebook publié le 15 janvier. Le message annonçait qu'Aloka allait avoir "une brève et joyeuse rencontre" avec les moines dans la région de Charlotte.
La vidéo des retrouvailles montre Aloka descendant d'une voiture, la queue remuante, échangeant des moments de tendresse avec plusieurs moines. Il était clairement heureux de les revoir. Après ce moment précieux, Aloka est retourné en rééducation pour continuer son rétablissement et retrouver pleinement ses forces.
"Merci pour toutes vos prières et pour l'attention bienveillante que vous portez à notre compagnon de paix. Il ressent votre amour", ont conclu les moines.
La marche continue, avec ou sans lui
Le Vénérable Bhikkhu Pannakara, l'un des moines, a expliqué lors d'une interview pourquoi ils continuent malgré la fatigue et la douleur. "Bien sûr, ça fait mal, c'est douloureux, mais nous avons quelque chose à l'intérieur de nous : l'énergie de la pleine conscience. C'est vraiment, vraiment important, cela peut nous soutenir pour marcher."
Cette énergie, Aloka l'incarne aussi par sa simple présence. Un chien errant qui a choisi la connexion, qui a transformé la survie en confiance. Son histoire offre l'idée que la paix peut exister sans mots, sans propriété, sans attentes.
Aloka ne rejoindra peut-être pas les moines jusqu'à Washington D.C. Mais il a déjà marché plus loin que la plupart des chiens ne marcheront jamais. Et son message, lui, continue d'avancer.