Peut-on vraiment avoir un animal dans une location ? Ce qu’il faut savoir

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Selon une récente enquête, plus de 60% des Français possèdent un animal de compagnie. Pourtant, la question de leur présence dans un logement en location reste source de confusion. Voici tout ce que vous devez savoir.

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La règle dans un logement principal

La règle de base est claire : un propriétaire ne peut pas interdire à son locataire de détenir un animal de compagnie dans sa résidence principale. Que le bail soit vide ou meublé, le locataire peut détenir un ou plusieurs animaux de compagnie, à condition de respecter la tranquillité du voisinage. Toute clause contraire inscrite dans le contrat est considérée comme abusive.

En contrepartie, le locataire est responsable des dégâts (possiblement couverts par l'assurance) et des troubles anormaux de voisinage causés par son ou ses animaux.

Il existe néanmoins une exception : le propriétaire peut choisir d'indiquer dans le bail que la détention d'un chien dangereux de 1re catégorie (chien d'attaque) est interdite. Ce cas précis est le seul autorisant une restriction en résidence principale.

Location saisonnière : un régime à part

La donne change radicalement pour les meublés de tourisme. Lorsque le locataire occupe le logement pour un bref séjour, le propriétaire peut choisir d'indiquer dans le contrat de location que la présence de tout animal dans le logement est interdite (article 10 de la loi du 9 juillet 1970, tel que précisé par la loi du 22 mars 2012).

Concrètement, il suffit au propriétaire d'insérer une clause dans le contrat, dans l'annonce ou dans les échanges écrits avec le locataire pour que l'interdiction soit valide. À l'inverse, si le contrat ne mentionne aucune interdiction, la présence des animaux est autorisée.

Le cas des parties communes en copropriété

Le règlement de copropriété peut, lui aussi, encadrer la présence des animaux — non pas dans les appartements privatifs, mais dans les parties communes.

Il peut ainsi interdire la circulation d'animaux non tenus en laisse ou restreindre l'accès à certaines zones comme les jardins ou les aires de jeux. Ces clauses, distinctes du bail, s'imposent aux résidents dès lors qu'elles figurent dans le règlement.

Bon à savoir : il existe des conditions particulières pour les chats en logements social.

Chiens d'assistance : un cas spécifique

Les chiens guides d'aveugles et chiens d'assistance bénéficient d'un statut particulier. La loi leur garantit l'accès à tous les lieux ouverts au public, transports compris — et cette autorisation s'étend au logement. Un propriétaire ne peut pas refuser un locataire au motif qu'il est accompagné d'un chien d'assistance, sous peine de discrimination.

Le cadre légal distingue donc nettement deux situations : en résidence principale, le locataire est largement protégé — seuls les chiens d'attaque peuvent être exclus par clause. En location saisonnière, c'est le propriétaire qui fixe les règles, à condition de le préciser explicitement. Une distinction que propriétaires comme locataires ont tout intérêt à connaître avant de signer.