Lewis Hamilton et ses vaches Max et Ombre : l'amour des animaux n'a pas de frontières

Par Alice Blanchard -

À Melbourne, vendredi 6 mars, Lewis Hamilton provoque l'hilarité générale en révélant qu'il possède une vache prénommée Max. Quand la photo de l'animal apparaît sur l'écran géant, le pilote Ferrari éclate de rire le premier : « Ah oui, c'est ma vache ! Elle s'appelle Max. Je jure sur ma vie, je n'ai pas choisi le prénom, j'en ai hérité. » Dans les tribunes, le public imagine immédiatement une pique adressée à son rival Max Verstappen. Il n'en est rien — ou du moins, c'est ce qu'assure Hamilton avec le sourire.

lewis hamilton vache

Roscoe, une absence difficile à supporter

Derrière l'anecdote amusante se dessine quelque chose de plus touchant. Hamilton possède en réalité une ferme et y a accueilli deux vaches : Max, donc, et Ombre. « Ce sont les plus gentils, ils sont comme Roscoe pour moi », confie-t-il, en référence à son bouledogue anglais, décédé d'une pneumonie en septembre 2025 après avoir accompagné le pilote pendant plus de douze ans dans les paddocks du monde entier.

Roscoe n'était pas un chien ordinaire dans la vie d'Hamilton. Adopté en 2013, il était devenu une mascotte du paddock de F1, avec plus d'un million d'abonnés sur Instagram. À l'annonce de sa mort, Hamilton n'avait pas cherché à masquer sa peine. En septembre 2025, il avait même manqué une séance d'essais pour rester auprès de lui dans ses derniers moments — un geste rare dans un univers où chaque tour de piste compte.

La perte d'un animal de compagnie n'est jamais anodine. Chez certaines personnes, particulièrement celles qui vivent seules ou dont l'animal était un compagnon de quotidien intense, le deuil peut être profond et durable. Trouver de nouveaux compagnons — fussent-ils des vaches — dit quelque chose sur la place que les animaux occupent dans l'équilibre de cet homme.

Un engagement qui dépasse l'anecdote

Ce qui distingue Hamilton de nombreuses célébrités qui « aiment les animaux », c'est la cohérence de son parcours. Végane depuis 2017, sacré « personnalité de l'année par PETA » en 2018, producteur exécutif du documentaire The Game Changers sur les sportifs végétaliens, le septuple champion du monde défend depuis longtemps des positions qui vont au-delà de la simple affection pour ses propres animaux.

Adopter deux vaches dans une ferme — plutôt que de se tourner vers un nouvel animal de compagnie « conventionnel » et médiatisable — s'inscrit dans cette logique. Max et Ombre ne feront pas de stories sponsorisées. Elles ne défileront pas en costume dans un paddock. Elles vivent dans un champ, loin des circuits et des stories Instagram.

C'est peut-être là, justement, l'indication la plus sincère de ce que représentent les animaux pour Hamilton : non pas des accessoires de communication, mais des présences auxquelles il tient, discrètement.

L'adoption comme réflexe

Un détail mérite d'être noté : Hamilton n'a pas acheté ses vaches. Il les a adoptées — ou du moins héritées d'une ferme qu'il a reprise. Ce réflexe d'adoption, cohérent avec ses engagements pour le bien-être animal, tranche avec les comportements de nombreuses célébrités qui se tournent vers des races prisées issues d'élevages, comme Kim Kardashian, sans nécessairement en mesurer les conséquences.

À l'heure où les refuges français accueillent chaque année plus de 100 000 animaux abandonnés, et où la cause animale cherche des porte-voix crédibles, un pilote de F1 qui adopte des vaches et pleure son chien devant le monde entier envoie, à sa façon, un message qui compte. Moins spectaculaire qu'un teckel en smoking sur une chaise de mairie. Peut-être plus juste.