“J’ai acheté mon animal en ligne” : malgré la loi, des animaleries vendent encore chiots et chatons

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Depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiots et chatons en animalerie est officiellement interdite en France. Pourtant, sur le terrain, associations et observateurs dénoncent des pratiques qui permettent encore de contourner la loi.

des chatons en cage pour la vente

Une loi 2024 pensée pour lutter contre les abandons

La mesure est issue de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, entrée en application en 2024. Elle interdit aux animaleries de vendre chiens et chats, afin de mettre fin aux achats impulsifs et à la marchandisation des animaux.

Désormais, seuls les éleveurs et les refuges sont autorisés à proposer ces animaux. Les animaleries peuvent uniquement présenter des chiens et chats issus d’associations, dans une logique d’adoption responsable.

L’objectif est clair : encourager une réflexion avant adoption et limiter les abandons, souvent liés à des acquisitions trop rapides. Cette loi marque un tournant majeur dans la manière de considérer l’animal, non plus comme un produit, mais comme un être sensible.

Des contournements déjà pointés du doigt

Malgré cette interdiction, plusieurs enquêtes montrent que certaines animaleries continuent, directement ou indirectement, à vendre chiots et chatons.

Le principal contournement repose sur la vente en ligne. La loi autorise en effet les animaleries à proposer des animaux via internet, sous certaines conditions strictes. Mais dans les faits, cette possibilité ouvre une brèche : des clients peuvent réserver ou payer un animal à distance, avant de le récupérer en magasin.

Certaines structures vont plus loin en conservant physiquement les animaux dans leurs locaux « en attente de vente en ligne », brouillant la frontière entre interdiction et pratique commerciale.

Résultat : la vente existe toujours, mais sous une autre forme. Et parfois, les contrôles restent insuffisants pour faire respecter pleinement la loi.

L’inquiétude croissante des associations

Face à ces dérives, les associations de protection animale tirent la sonnette d’alarme. La Fondation 30 Millions d’Amis a même saisi le Conseil d’État en 2026 pour exiger une application stricte de la loi.

Elle dénonce un « laxisme » des autorités et des pratiques qui iraient à l’encontre de l’objectif initial. Selon elle, la vente en ligne permettrait de poursuivre une logique de consommation, parfois encore plus problématique qu’en magasin, car sans rencontre préalable avec l’animal.

Les associations pointent aussi un risque accru : l’achat à distance favorise des décisions impulsives, exactement ce que la loi cherchait à éviter. Sans échange avec un professionnel ni interaction avec l’animal, l’adoption devient un simple clic.

Quelles solutions pour fermer les failles ?

Pour les acteurs de la protection animale, la priorité est claire : renforcer les contrôles et clarifier la loi. Plusieurs pistes sont avancées, notamment encadrer plus strictement la vente en ligne, voire la restreindre davantage.

Une autre solution consiste à améliorer la traçabilité des annonces et à imposer des sanctions réellement dissuasives en cas d’infraction. Aujourd’hui, l’absence de sanctions claires ou leur application limitée est souvent pointée comme une faiblesse du dispositif.

Enfin, la sensibilisation des futurs adoptants reste essentielle. La loi ne peut être efficace que si elle s’accompagne d’une prise de conscience collective : adopter un animal implique une responsabilité à long terme.

En définitive, l’interdiction de la vente de chiots et chatons en animalerie constitue une avancée majeure. Mais tant que des contournements persistent, son efficacité reste fragile. L’enjeu, désormais, est de transformer cette ambition législative en réalité concrète sur le terrain.