Le Salon du chiot bientôt interdit dans toute la France ?

Par Alice Blanchard -

Depuis plusieurs mois, des salons du chiot sont organisés dans toute la France. Sur Instagram, les organisateurs proposent aux visiteurs de faire une adoption éthique, transparente et centrée sur le bien-être animal. Pour ce faire, ils font confiance à des éleveurs français engagés et promettent d'offrir une garantie santé à chaque chiot. Or, de nombreuses associations ont dévoilé l'envers du décor.

Exemple d'un salon du chiot / reportage TF1

Un triste constat

Sur le plateau de TBT9, Delphine Wespiser a dévoilé une anecdote personnelle. Quand elle avait 10 ans, ses parents l'ont emmenée dans un salon du chiot. Sur place, l'ancienne Miss France a été témoin d'une étrange scène. Une famille demandait à un éleveur s'il était possible d'adopter un Berger allemand en appartement. Selon elle, en l'assurant que c'était possible, le propriétaire du stand a commis un impair.

Depuis son sacre, l'ancienne reine de beauté n'a jamais caché son engagement pour le bien-être des animaux. Aussi, elle a estimé qu'il était malsain de forcer les chiennes à faire un maximum de portées pour une date précise. Une fois fixé, le calendrier des salons du chiot pourrait pousser les éleveurs à prendre des décisions un peu trop radicales, comme le choix de ne pas sevrer les animaux conservés.

Face à de potentiels acheteurs, de nombreux éleveurs ne prendraient hélas pas le temps de vérifier si les conditions d'accueil sont réunies. Ensuite, en plus d'importants frais logistiques inhérents à la location du stand, ils ont une commission à verser aux organisateurs du salon.

Les associations animales montent au créneau

A la mi-janvier, Argos 42 a tiré la sonnette d'alarme. Quelques jours avant la tenue du salon du chiot dans la région, ses membres avaient évoqué des dérives qu’ils estiment préoccupantes. Parmi les points de discorde, il y a notamment la question du bruit, des manipulations répétées, de la promiscuité, de la fatigue et des ruptures de rythme qu'un tel événement engendre sur nos petits compagnons à quatre pattes.

Un mois plus tard, la PAZ, un autre poids lourd de la défense de la cause animale, a pris le relais. Dans un courrier publié par L'opinion, la cofondatrice de l’organisme souligne ce paradoxe saisissant. Provoquer des envies d’acheter des animaux de compagnie alors que la France est le premier pays en termes d’abandon est choquant.  Après enquête du policier référent de chaque circonscription, la justice s'appuie sur l'article 521-1 du code pénal. Prise en flagrant délit, la personne risque à minima 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Enfin, en plus des manifestations tenues devant les salons, des pétitions appellent à son boycott. À l'heure où nous écrivons ces lignes, le maire d'Antibes a répondu à la colère de La Fondation Brigitte Bardot. Face à la mobilisation sans précédent, il a promis de prendre ses dispositions et d'interdire le salon l'année prochaine.

Le refuge, un compromis sain et bienveillant

Malgré leurs belles promesses et leur argumentaire bien rôdé, les organisateurs de ce genre de salons devraient mieux encadrer et contrôler l'ensemble des prestataires. Largement relayée sur les réseaux sociaux, une enquête de 2023 s'appuie sur deux redoutables pourcentages. Un animal sur deux (47,7 %) acheté dans un salon finit abandonné, et un sur trois (35,4 %) décède de maladie ou suite à des négligences..

Se rendre dans un refuge, c'est avoir l'assurance d'adopter un chien dont le caractère est déjà connu. Pas de surprise : vous savez s'il est calme ou énergique, s'il aime les enfants et s'il s'entend avec les chats. En somme, une adoption responsable permet de sauver une vie. Le lien ainsi créé vaut tout l'or du monde.