L'Autriche impose une formation avant d'adopter un chien : et si la France suivait ?

Par Alice Blanchard -

Dès 2026, l'Autriche exige une attestation de compétence pour adopter un chien, obtenue suite à une formation pour responsabiliser les futurs propriétaires et réduire les abandons. En France, une proposition de loi similaire est en cours d'écriture. Avec les élections municipales des 15 et 22 mars qui approchent, la question du bien-être animal pourrait bien s'inviter dans les débats locaux !

golden retriever avec sa maitresse, évolution loi certificat

Six heures de formation pour éviter des années d'erreurs

En Autriche, dès ce début d’année 2026, impossible d'adopter un chien sans avoir suivi une formation. Quatre heures de théorie avant même de ramener l'animal chez soi et deux heures de pratique dans les douze mois suivant l'adoption. Au programme : les obligations légales du propriétaire, la réglementation sur les vaccinations, les coûts réels d'entretien d'un chien, les bases de l'éducation canine, les besoins quotidiens de l'animal.

Cette réglementation s'applique aussi à certains reptiles, amphibiens et oiseaux. Les chats et petits animaux de compagnie en sont pour le moment exemptés. Une période de transition est prévue pour les propriétaires actuels, afin qu'ils se conforment progressivement aux nouvelles exigences.

L'objectif est clair : prévenir les acquisitions impulsives, garantir le bien-être des animaux et réduire les abandons.

En France, un projet de loi en cours d'écriture

La France regarde du côté de l'Autriche et de l'Allemagne, où une formation similaire existe déjà. Une formation mettrait les gens face à leurs responsabilités. Elle obligerait les futurs adoptants à réfléchir avant d'agir. À se poser les bonnes questions : ai-je le temps ? Les moyens financiers ? L'espace ? La patience pour éduquer un animal ?

« Les achats compulsifs se développent depuis quelques années. L'achat d'un chien est devenu l'équivalent de celui d'un objet. Puis les gens se rendent compte qu'un chien demande du temps et de l'argent et peut être un poids notamment quand on veut partir en vacances. »
Gwenaëlle, éleveuse canine interrogé pour l'émission Les Grandes Gueules (BFM RMC)

Les abandons explosent, les refuges débordent

En France, environ 100 000 animaux sont abandonnés chaque année et beaucoup de ces animaux ont été adoptés sur un coup de tête, sans réflexion, sans préparation. Un chiot acheté parce qu'il est mignon, un chien adopté pour faire plaisir aux enfants, un animal offert en cadeau surprise… Six mois plus tard, le chien est devenu "trop encombrant," "trop bruyant," "trop cher" et finit en refuge.

Une formation obligatoire ne préviendrait pas tous les abandons, mais une grande partie. Elle forcerait les futurs adoptants à prendre conscience des réalités : un chien vit 10 à 15 ans, coûte entre 1 000 et 2 000 euros par an en nourriture, soins vétérinaires, accessoires et demande plusieurs heures par jour d'attention, de sorties, d'éducation.

Bon à savoir : les frais vétérinaires peuvent être minimisés sur le long terme grâce à la souscription d'une assurance pour chien.

Les refuges voient défiler chaque année des propriétaires qui découvrent ces réalités trop tard. Une formation aurait pu les préparer, les faire réfléchir et les dissuader d'adopter s'ils n'étaient pas prêts.

Les élections municipales, une opportunité pour agir localement

Les 15 et 22 mars 2026, les élections municipales sont l'occasion de poser des questions concrètes aux candidats, notamment sur le bien-être animal. En effet, les refuges animaliers dépendent souvent des subventions municipales et les fourrières sont gérées par les communes. Les politiques de stérilisation, les campagnes de sensibilisation, les partenariats avec les associations de protection animale relèvent des compétences locales.

Pendant la campagne, les électeurs peuvent interpeller les candidats : soutiendrez-vous les refuges locaux ? Mettrez-vous en place des campagnes de prévention des abandons ? Encouragerez-vous l'adoption responsable plutôt que l'achat compulsif ? Porterez-vous au niveau national une proposition de formation obligatoire avant adoption ?

En attendant une loi nationale, les électeurs ont une carte à jouer, ils peuvent faire du bien-être animal un sujet de campagne et exiger des actions concrètes pour réduire les abandons.

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