Le Brésil adopte la garde partagée des animaux : quel impact sur leur bien-être ?

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Le Brésil vient d’adopter une loi historique : les animaux de compagnie peuvent désormais faire l'objet d'une garde partagée en cas de divorce. Pour la première fois, chiens et chats sont reconnus comme de véritables membres de la famille. Mais vivre dans deux foyers différents est-il vraiment compatible avec leur bien-être ?

chien golden retriever avec une peluche

Une reconnaissance de l’animal comme membre de la famille

En février 2026, le Brésil avait déjà marqué les esprits en permettant de se faire enterrer avec son chien ou son chat. Aujourd’hui, le pays franchit un nouveau cap : en cas de divorce, la garde partagée des animaux de compagnie est désormais reconnue par la loi, une première en Amérique du Sud.

Si les ex-époux ne parviennent pas à s’entendre, un juge décide du régime de garde et de la répartition des frais d’entretien de l’animal de manière équilibrée entre les deux parties.

Le Brésil n’est pas le premier pays à encadrer cette pratique – l’Espagne l’a fait en 2021, après le Portugal – mais cette mesure pose une question cruciale : comment garantir le bien-être des animaux lorsqu’ils partagent deux foyers ?

Le quotidien des animaux entre deux lieux de vie

Cette organisation pourrait sembler une aubaine : plus de balades, plus de jeux, plus de moments partagés. Mais cette situation n’est pas forcément compatible avec les besoins de votre chien ou de votre chat.

Changer régulièrement de domicile et d’environnement peut provoquer anxiété et désorientation. Résultat : des comportements problématiques apparaissent : refus de monter dans la voiture, élimination hors du bac de litière, nervosité… Autant de signes de stress et de confusion chez l’animal.

Repères et cohérence : essentiels pour le bien-être de l’animal

Les chats et autres animaux territoriaux n’aiment pas les changements d’environnement. Très attachés à leurs repères, ils ont besoin de temps et de constance pour se sentir en sécurité. Partager leur quotidien entre deux foyers peut donc ne pas répondre à ces besoins.

Chez le chien, l’imprévisibilité est un facteur majeur de stress. Changement de foyer, horaires différents ou méthodes d’éducation divergentes peuvent provoquer anxiété et troubles du comportement. Pour que la garde partagée fonctionne, il faut établir des routines cohérentes et des repères stables, sans quoi l’animal risque de se sentir désorienté.

Une avancée symbolique mais prudence sur la garde partagée

En France, aucune loi n’encadre la garde partagée des animaux domestiques. Pourtant, une enquête Ipsos de février 2025 montre que près de 7 Français sur 10 considèrent leur animal comme un véritable membre de la famille.

La législation brésilienne constitue une avancée historique dans la reconnaissance juridique des animaux. Mais derrière cette victoire symbolique, le bien-être de l’animal doit rester la priorité : une garde partagée n’a de sens que si elle respecte son équilibre.

Cette loi rappelle l’importance de réfléchir à la stabilité et aux besoins de son compagnon avant d’adopter. Une démarche responsable, qui tient compte des contraintes du quotidien et des spécificités de l’animal, reste la meilleure garantie pour éviter l’abandon et assurer son bien-être.