Découvrez le parcours incroyable de la ponette Halima
Le 17 janvier dernier, une touriste slovaque a filmé une scène sur la place de Meknès, au Maroc. Une ponette Shetland, épuisée et enceinte, sert d'accessoire photo aux touristes. La vidéo est devenue virale sur Instagram. Grâce à l'intervention des internautes et au soutien d'une propriétaire de refuge, elle et sa pouliche sont désormais à l'abri.
Un cas loin d'être isolé
Vu que les ponettes sont petites et dociles, elles attirent les enfants ainsi que les familles. Considérées comme un appât pour les touristes, leurs détenteurs les mettent en scène sans jamais respecter les règles élémentaires du bien-être animal.
Comble de l'horreur, à l'époque de la vidéo, Halima était enceinte. Or, malgré son état fragile, elle restait debout toute la journée. Quand ils ne prenaient pas de photos, certains curieux montaient sur son dos. Donc, elle ne pouvait ni se reposer, ni se coucher et encore moins se mettre à l'ombre.
Un paradoxe étonnant
Sitôt publiée sur la Toile, la vidéo d'Halima a créé une immense polémique. Des centaines de personnes ont ensuite contacté Susan Machin, la fondatrice du Giorgia Mule and Donkey Refuge à Marrakech. Ce refuge accueille près de 400 ânes, mules et chevaux abandonnés ou maltraités au Maroc.
De son côté, Susan a lancé une cagnotte pour racheter Halima. Hélas, malgré le bien-fondé de sa démarche, elle a dû faire face à des accusations de mensonges et de scam. Face aux reproches des internautes, elle a rappelé les incohérences de la justice marocaine.
Seules les associations enregistrées et régulées peuvent lever des fonds, pas les particuliers. Son association est enregistrée au Royaume-Uni et régulée par la Charity Commission. Les fonds collectés sont ensuite envoyés au Maroc afin de financer le refuge.
Un dénouement émouvant
Pendant que certains s'écharpaient au sujet du sauvetage, Susan a négocié directement avec le propriétaire d'Halima et est parvenu à trouver un accord. Le propriétaire a accepté de laisser partir Halima, à condition qu'on l'aide à trouver un autre moyen de subsistance.
Avant d'atteindre le refuge de Susan, Halima a fait sept heures de route. Hélas, durant le voyage en van, elle a commencé à mettre bas. Le chauffeur l'a installé au bord de la route et a contacté le refuge. À distance, une experte l'a heureusement aidé à chaque étape.
Une pouliche est née et le chauffeur l'a baptisée Marjanna, "diamant" en arabe. Vingt-quatre heures après le départ de Meknès, les deux ponettes sont arrivées au refuge en bonne santé. Elles sont sauvées.
Ce que cette histoire nous enseigne
Racheter un animal maltraité est une bonne action mais elle n'arrête hélas pas ce type d'engrenage. L'ancien propriétaire a reçu de l'argent et une aide pour trouver une autre activité. Or, s’il décide d'acheter une nouvelle ponette plus rentable, personne ne pourra l'en empêcher.
Susan Machin en est plus que jamais consciente. Depuis une décennie, elle fait un travail admirable. Elle collabore avec le gouvernement marocain pour renforcer la protection animale et contrer des exemples flagrants de maltraitance. Or, le changement doit venir aussi de l'intérieur, par des lois, des contrôles et une évolution des mentalités.
Du côté des anonymes, refuser de s'afficher avec des animaux utilisés comme accessoires ou tirer la sonnette d'alarme demeure essentiel. Enfin, en soutenant l'action des refuges locaux, plusieurs Halima pourront enfin aspirer à une existence plus sereine.