Lapins, rats et hamsters : Ces NACs trop faciles à acheter...et à abandonner

Par -

Ils sont petits, souvent présentés comme faciles à vivre et parfois achetés en quelques minutes. Pourtant, les NACs — nouveaux animaux de compagnie — ont des besoins bien réels, parfois complexes et engageants sur plusieurs années. Face à l’arrivée de lapins, cochons d’Inde, rats ou hamsters dans les refuges, des associations se mobilisent désormais pour agir non seulement sur les abandons, mais aussi sur les conditions dans lesquelles ces animaux sont vendus ou cédés. Le 6 octobre 2026, le Collectif Urgence NAC sera auditionné à l’Assemblée nationale.

lapin nain à l'adoption en refuge

Pourquoi les NAC sont-ils de plus en plus abandonnés ?

Lorsqu’un NAC arrive dans un refuge, son histoire ne commence généralement pas au moment de son abandon. En amont, plusieurs situations peuvent expliquer cette prise en charge : achat impulsif, besoins de l’animal mal évalués, erreur de sexage, reproduction non maîtrisée, portée accidentelle ou encore difficultés à assumer les frais vétérinaires.

Le problème est notamment lié à l’image que certains petits animaux continuent de véhiculer. Un lapin, un rat ou un hamster peut sembler plus simple à accueillir qu’un chien. Sa petite taille peut donner l’impression qu’il nécessite peu d’espace, peu d’équipement et peu d’attention.

Pourtant, un NAC reste un animal avec des besoins physiologiques, comportementaux, alimentaires et sociaux spécifiques. Le ministère de l’Agriculture rappelle lui-même que l’acquisition d’un NAC constitue un engagement et que les conditions de détention de certaines espèces peuvent être difficiles ou contraignantes.

Acheter un NAC prend quelques minutes...

La facilité avec laquelle certains NACs peuvent être acquis pose une question centrale : comment mieux faire correspondre la décision d’achat avec la réalité de la vie quotidienne avec l’animal ?

Un animal ne devrait pas être considéré comme un produit que l’on peut choisir sur un coup de cœur avant de découvrir ensuite ses contraintes. C’est précisément pour limiter les acquisitions impulsives que la réglementation française impose désormais un certificat d’engagement et de connaissance pour l’acquisition de plusieurs animaux de compagnie.

Cette réglementation traduit une évolution importante : accueillir un animal n'est pas un acte de consommation ordinaire. Il faut anticiper son alimentation, son habitat, ses soins, les éventuels frais vétérinaires et l’organisation nécessaire pour répondre à ses besoins durant toute sa vie.

Vente de NACs en animalerie : Les associations demandent un changement

Le débat autour des NACs porte également sur leur commercialisation. Depuis le 1er janvier 2024, les animaleries ne peuvent plus vendre de chiens et de chats. Cette interdiction avait notamment pour objectif de limiter les achats impulsifs.

Mais cette interdiction ne concerne pas de la même manière les autres animaux de compagnie. Les lapins, cochons d’Inde, hamsters, rats et autres petits mammifères peuvent toujours être commercialisés dans certains circuits de vente.

Le ministère de l’Agriculture souligne d’ailleurs que les petits mammifères NAC sont principalement achetés en animalerie et jardinerie.

Pour les associations spécialisées, cette situation pose une question de fond : lorsque l’achat d’un animal est facilité, comment s’assurer que le futur détenteur connaît réellement les besoins de l’espèce et mesure l’engagement qu’il prend ?

Le problème des ventes et dons entre particuliers sur Internet

Les animaleries ne constituent toutefois qu’une partie du problème soulevé par les associations. Internet a profondément facilité les mises en relation entre particuliers souhaitant vendre ou donner un animal.

Le Collectif Urgence NAC souhaite précisément attirer l’attention des pouvoirs publics sur ces pratiques.

Parmi les associations qui composent le collectif, Les P’tits Poilus d’la Grotte a notamment travaillé sur les annonces concernant les lapins. Selon les résultats de leur enquête présentés par le collectif, 4 814 annonces ont été recensées manuellement en un mois, représentant 12 444 lapins proposés. L’association indique également que 77,7 % des annonces présentées comme des dons correspondaient en réalité à des ventes avec contrepartie financière.

Ces chiffres sont présentés par l’association comme le résultat de son enquête de terrain. Ils illustrent surtout la difficulté de contrôler ce qui se passe en amont de l’arrivée des animaux dans les refuges.

La mission du Collectif Urgence NAC

C’est justement pour faire remonter ces réalités de terrain que le Collectif Urgence NAC a été créé en novembre 2023.

Son objectif est de réunir des associations et refuges spécialisés afin de dépasser les actions isolées et de travailler collectivement sur les causes des abandons. Les structures membres sont confrontées à des situations similaires : animaux abandonnés après quelques jours, reproductions non maîtrisées, erreurs de sexage, portées accidentelles ou difficultés liées aux conditions de détention.

En janvier 2026, une délégation du collectif a rencontré le sénateur Arnaud Bazin. Le 17 septembre 2026, le collectif indique également avoir été reçu par la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale (DNLMA). À l’issue de cette rencontre, il a annoncé son intégration au Comité interministériel de lutte contre la maltraitance animale (CILMA).

Cette démarche répond à une logique simple : les associations qui prennent quotidiennement en charge les NAC disposent d’une expérience concrète des conséquences des abandons et peuvent faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain.

le Collectif Urgence NAC auditionné le 6 octobre 2026

La prochaine étape est désormais fixée au 6 octobre 2026. Le Collectif Urgence NAC doit être auditionné à l’Assemblée nationale, notamment autour de la question des ventes entre particuliers et du travail réalisé sur les annonces de lapins.

Cette audition intervient alors que la question de la prévention des abandons chez les NACs devient petit à petit un enjeu important de la protection animale. Les acteurs de la protection animale espèrent surtout que cela ne sera que le début, et que nous arrêterons de fermer les yeux sur le bien-être animal d'espèces moins considérées que les chats et les chiens.

Pour les associations spécialisées dans les NAC, l’enjeu est désormais d’aller plus loin dans la prévention et de mieux prendre en compte les spécificités de ces animaux.

À lire aussi : Mon lapin nain peut-il vivre dehors ?

À lire aussi : Mon lapin nain peut-il vivre dehors ?