Pourquoi votre chien aime se rouler dans tout ce qui sent "mauvais" ?
Au cours d’une balade en forêt, vous avez aperçu votre chien se rouler dans l’herbe avec enthousiasme. Il monte dans la voiture et une odeur insoutenable envahit soudain l’habitacle. Une expérience dont votre chien semble raffoler, notamment à la sortie de l’hiver, mais dont vous préfèreriez largement vous passer.
Mois de mars : un festival olfactif
Au détour d’un sentier, votre chien fonce vers une masse informe sur le sol. Il se jette dessus avec un enthousiasme débordant et tout y passe : cou, épaule, nuque. Quand il revient vers vous, l’odeur est insupportable. Exaspéré par ce comportement, vous aimeriez comprendre pourquoi votre compagnon éprouve une si grande joie à se rouler dans tout ce qui sent mauvais : crotte de renard, charogne, poisson pourri…
Ni sale, ni mal éduqué, comme certains pourraient le penser, votre chien utilise juste les 300 millions de récepteurs olfactifs dont il dispose pour explorer le monde qui l’entoure.
Ce que nous classons comme « répugnant » appartient à une catégorie olfactive que le chien classe comme « information de grande valeur ». Un cadavre en décomposition n'est pas une nuisance pour nos compagnons à quatre pattes, c'est un élément biochimique qui le renseigne sur les proies présentes, les prédateurs passés et l'état sanitaire du territoire.
Mars est le mois où apparaissent les carcasses de petits animaux morts pendant l'hiver : oiseaux, mulots, hérissons. Les crottes de renard sont omniprésentes car ces derniers marquent plus fréquemment leur territoire en période de reproduction. Le sol humide favorise la libération des matières en décomposition enfouies. Pour un chien, chaque promenade de mars est un festival olfactif et l'envie de se rouler devient irrésistible.
Plusieurs hypothèses à ce comportement
Percevoir et « lire » ces odeurs est une chose mais pourquoi votre chien se roule-t-il dedans ? Les éthologues avancent plusieurs hypothèses à ce comportement, baptisé le « scent-rolling ».
En se roulant dans ces odeurs nauséabondes, le chien reproduirait le comportement de son ancêtre le loup qui l’utilisait comme camouflage olfactif pour ne pas se faire repérer par ses proies. Le « scent-rolling » serait également un moyen de rapporter des informations à ses congénères et de fonctionner comme un éclaireur.
Eviter de laver son chien systématiquement
La tentation de laver son chien après des roulades dans une odeur nauséabonde est grande mais ce réflexe peut se révéler contreproductif. Des lavages trop fréquents modifient le pH de la peau du chien et favorise les levures cutanées qui provoquent des démangeaisons chroniques.
Un chien lavé plus d’une fois par mois, sans indication vétérinaire, perd progressivement la protection lipidique qui protège son pelage. Le même chien, qu'on lave parce qu'il sent mauvais, finit donc par sentir plus mauvais encore parce que le sébum compensatoire est plus odorant que le sébum normal.
Un rinçage à l’eau claire est suffisant dans 90% des cas. Pour les odeurs plus tenaces, il est possible d’utiliser du vinaigre de cidre dilué (1 cuillère à soupe par litre d’eau) qui neutralisera les odeurs sans altérer le pH cutané.
Le « scent-rolling » est à considérer comme un comportement normal de votre compagnon, pas comme un défaut d'éducation. Un chien qui se roule dans une odeur forte est un chien dont le logiciel olfactif fonctionne. La seule précaution à prendre pour la santé de votre compagnon est d'éviter les matières réellement dangereuses comme les carcasses en décomposition avancée et les zones traitées chimiquement.