Ce chat très rare était pensé disparu : il refait surface en Malaisie
Le chat à tête plate, l’un des félins les plus rares au monde, a refait parler de lui après de nouvelles observations en Malaisie et en Thaïlande. Sa redécouverte suscite autant l’émerveillement que l’urgence de mieux protéger les milieux humides où il vit.
Un félin unique, difficile à observer
Le chat à tête plate (Prionailurus planiceps) est un petit félin sauvage originaire de l’Asie du Sud-Est, notamment de la péninsule malaise, de Sumatra et de Bornéo. Il se distingue par son crâne aplati, d’où son nom, une longueur de corps d’environ 40 à 60 cm sans la queue, et un poids léger d’environ 1,5 à 2,5 kg, soit un peu plus petit que celui d’un chat domestique ordinaire.
Ce petit prédateur, lié aux habitats forestiers humides, préfère chasser près des rivières et des zones marécageuses, où il traque poissons, grenouilles et autres proies aquatiques. Il possède même des adaptations particulières — comme des pieds partiellement palmés — qui facilitent son mode de vie semi-aquatique, une caractéristique rare chez les félins.
Sa discrétion naturelle, son activité souvent nocturne ou crépusculaire et les difficultés d’accès à son habitat expliquent pourquoi il est extrêmement rarement observé par les scientifiques. Pendant des décennies, très peu de preuves photographiques ou d’observations directes ont pu être recueillies, rendant son étude complexe et sa présence presque mythique pour les chercheurs.
Redécouvertes récentes après 30 ans en Malaisie et en Thaïlande
Alors qu’on le croyait disparu dans certaines régions, le chat à tête plate a récemment été aperçu en Malaisie, notamment à travers des enregistrements de caméras pièges dans des zones forestières protégées du Sarawak, sur la côte ouest de l’île de Bornéo. Ces nouveaux relevés apportent des données précieuses sur sa répartition actuelle et confirment qu’il subsiste dans des zones encore relativement intactes.
Parallèlement, des caméras pièges en Thaïlande, dans le sanctuaire de la faune sauvage de la princesse Sirindhorn, ont capturé plusieurs images de chats à tête plate, y compris une femelle accompagnée de son petit — un signe encouragent quant à la reproduction naturelle de l’espèce dans cette région, où elle n’avait pas été vue depuis près de trente ans.
Ces observations récentes donnent aux spécialistes l’espoir que l’espèce, bien que toujours classée « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pourrait être plus présente qu’on ne le pensait, du moins dans des zones forestières encore préservées.
Menaces et enjeux de conservation
Malgré ces redécouvertes enthousiasmantes, le chat à tête plate reste une espèce gravement menacée. La destruction et la fragmentation de son habitat naturel — tourbières, mangroves et forêts marécageuses — dues à l’agriculture, aux plantations d’huile de palme et à l’urbanisation, constituent des dangers majeurs.
De plus, en vivant à proximité d’habitats humains modifiés, ces félins sont exposés à d’autres risques, comme les maladies transmises par des animaux domestiques ou les collisions avec des véhicules. L’intensification des efforts de conservation, comme l’installation de caméras pièges, la protection de zones humides clés et l’éducation locale, est essentielle pour garantir la survie à long terme de cette espèce unique.
Pourquoi cette espèce nous importe
Au-delà de son allure singulière, le chat à tête plate symbolise l’importance de préserver des écosystèmes rares et fragiles, souvent invisibles mais essentiels à la biodiversité mondiale. Sa redécouverte rappelle que même les espèces les plus discrètes peuvent persister dans des zones que l’homme croit avoir oubliées, et qu’un travail de conservation déterminé peut révéler des vérités surprenantes sur la nature qui nous entoure.
En mettant en lumière ce félin exceptionnel, les scientifiques espèrent non seulement mieux comprendre son écologie, mais aussi encourager des politiques de protection plus ambitieuses pour les habitats qu’il partage avec d’innombrables autres espèces menacées.