Polype dans le nez chez le chat, symptômes et conséquences

Par Kareen Fandard -

Le polype nasopharyngé chez le chat est une tumeur bénigne qui se loge dans le nez, les sinus ou le conduit auditif. Souvent causé par une inflammation chronique (qui dure) ou une prédisposition héréditaire, il finit par obstruer les voies respiratoires de l'animal. Ses symptômes étant variés et parfois trompeurs, un diagnostic dit "différentiel" doit être réalisé par un vétérinaire pour confirmer l'affection. Voici l'essentiel à savoir sur cette pathologie.

chat malade qui respire mal chez le vétérinaire

Quels sont les symptômes du polype nasopharyngé chez le chat ?

Parmi les symptômes qui peuvent être observés on notera :

  • Éternuements réguliers
  • Ronflements
  • Respiration bouche ouverte
  • Difficulté à s’alimenter et/ou régurgitations
  • Écoulement nasal avec ou sans saignement
  • Modification du miaulement
  • Otite chronique en cas d’atteinte de l’oreille
  • Éventuels troubles nerveux
  • Perte de poids

Il est courant que le chat perde du poids s'il est atteint par un polype. En effet, le polype qui obstrue le sinus peut modifier son odorat et sa perception de la nourriture. Le chat mange donc moins et perd du poids. Si l'oreille est touchée cela peut aussi lui créer une douleur au niveau de la mâchoire et une difficulté à ouvrir la bouche et à déglutir.

Chez les chats touchés, on ne retrouve pas forcément tous les symptômes de la liste. L’éternuement est lui, par contre, présent dans la majorité des cas de polype nasopharyngé. Il est toutefois important de rappeler que l’éternuement chez le chat peut avoir plusieurs causes possibles.

Les principales causes d’éternuements

Différentes causes peuvent être à l’origine d’un éternuement chez votre chat. Lorsque les éternuements sont réguliers il faut être attentif aux circonstances de ceux-ci. Vérifiez également si les éternuements sont accompagnés ou non d’autres symptômes.

  • Une réaction à un élément irritant. Les chats ont un odorat plus développé que le nôtre et peuvent être gênés par certains parfums, fumée de tabac, diffusion d’huiles essentielles, produits ménagers, poussière… Dans ce cas l’éternuement se produit rarement et dans des circonstances bien précises. En éliminant l’élément irritant vous réglez le problème.

  • Un corps étranger. L’éternuement peut être causé par un corps étranger dans la narine tel que l’épillet ! Si votre chat se frotte le nez avec ses pattes, et qu'il est souvent à l'extérieur, il peut avoir été en contact avec un épillet. Le chat doit être ausculté sans délai par un vétérinaire afin que ce corps étranger soit retiré. En effet, celui-ci peut migrer dans le corps du chat via la narine et causer des dommages irréparables aux organes.

  • Une atteinte virale . Dans la majorité des cas les éternuements sont dus à un virus tel que le Coryza appelé également rhinotrachéite virale féline, ou grippe du chat. Il s’agit d’une affection virale ou bactérienne. Les virus responsables sont l’Herpès virus félin, le Calicivirus et le Réovirus.

Une autre pathologie virale dont votre chat pourrait souffrir est la PIF, ou la péritonite infectieuse féline. C'est aussi une pathologie virale et mortelle, surtout chez le chaton et le vieux chat.

Sachez aussi que votre chat peut simplement avoir attrapé un rhume. Si c'est le cas, vous pourrez soutenir ses défenses immunitaires grâce à des traitement trouvés en pharmacie ou chez votre vétérinaire, ainsi que faire appel à des remèdes naturels que votre vétérinaire pourra vous conseiller.

C'est pour cela qu'il est important de vous informer auprès de votre vétérinaire, qui pourra exclure toutes les pathologies pour arriver à un diagnostic dit "différentiel".

Diagnostic et traitement du polype nasopharyngé

Les éternuements et la difficulté respiratoire peuvent faire penser à un coryza ou à une rhinite chronique. Le vétérinaire peut dans un premier temps tenter un traitement antibiotique et anti-inflammatoire.

Si le traitement s’avère inefficace, une exploration de la cavité nasale par vidéo-otoscopie peut être nécessaire. La vidéo-otoscopie consiste en l’introduction d’un endoscope dans le conduit auditif ou nasal, particulièrement conseillée lors d'otites récurrentes ou chroniques. Cet examen se fait sous anesthésie générale. Une radio, un scanner ou une IRM sont également possibles selon les cas. Ces interventions peuvent se révéler être coûteuses et il vaut mieux anticiper les frais dès son plus jeune âge, afin de ne pas être pris au dépourvu le moment venu.

Le polype, une fois localisé, est retiré par voie chirurgicale. Il n’est pas toujours possible de réaliser une exérèse (ablation) complète et des récidives sont donc fréquentes mais restent bénignes. Sans intervention chirurgicale le polype peut causer une insuffisance respiratoire et le décès du chat.

Le lymphome nasal : une affection aux symptômes similaires au polype nasopharyngé

Dans certains cas, et notamment chez les vieux chats, l’animal peut être atteint d’un lymphome nasal, à savoir d’une tumeur cancéreuse. Les symptômes sont eux aussi similaires à ceux du polype nasopharyngé. Il y a souvent une confusion de la part des propriétaires entre ces deux pathologies, et il est vital pour votre chat que vous vous rapprochiez de votre vétérinaire, qui pourra faire tous les examens nécessaires au diagnostic.

A savoir : Si votre chat a un coryza persistant il est plus sujet à développer un polype nasopharyngé. L’écoulement d’une seule narine peut faire penser à un polype (ou à un corps étranger). Attention, le polype peut ensuite s’étendre aux deux narines.

En cas d’éternuements persistants, de perte de poids ou de difficultés respiratoires de votre chat, consultez votre vétérinaire sans attendre.

Si la pathologie est prise à temps

En fonction de la sévérité des symptômes, il est possible que le diagnostic tombe assez vite. Votre vétérinaire prendra tout de même le temps de faire les examens nécessaires, et d'écarter les pistes d'autres potentielles maladies, mais celui-ci pourra dans un premier temps alléger la souffrance de votre chat. Bien sûr, cela représente un coût, et tous les chats ne sont pas égaux dans les prédispositions de leur race à souffrir ou même à guérir à la suite d'un polype nasopharyngé.

Pensez à vous renseigner sur la race de votre chat, ainsi que sur les spécificités liées à celle-ci. Ainsi, vous aurez également la possibilité d'anticiper certains frais, et de protéger votre chat en souscrivant une assurance. Cela vous évitera de devoir prendre une décision difficile lorsque le diagnostic sera posé.

Pour conclure

En étant averti des symptômes du polype nasopharyngé chez le chat, et en prêtant attention à tout changement de comportement chez votre animal, vous mettez davantage de chances de votre côté pour identifier un potentiel problème de santé, et d'y répondre rapidement. Il vous faudra vous armer de patience le temps d'identifier la pathologie, mais vous pourrez, en attendant, atténuer les douleurs de votre chat et lui permettre de continuer à vivre correctement.

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