Un village australien bannit les animaux de compagnie : la raison va vous étonner
À l’heure où la crise de la biodiversité s’intensifie, une communauté australienne a pris une décision radicale : bannir les chiens et les chats de son territoire pour préserver la faune locale.
Une philosophie de vie ancrée dans la durabilité
Fondé il y a environ 20 ans, Currumbin Ecovillage est une communauté de quelque 500 habitants, nichée sur 110 hectares entre le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud. Les résidents ont choisi de s’affranchir des modèles traditionnels d’urbanisation : énergie solaire, récupération d’eau de pluie, matériaux recyclés, responsabilité collective et décisions prises en commun définissent leur quotidien.
Mais ce qui attire particulièrement l’attention est la politique stricte en matière d’animaux de compagnie. Ici, les chiens et les chats sont interdits, exception faite des animaux d’assistance certifiés. Un choix qui peut surprendre, tant nous aimons nos animaux de compagnie… mais qui repose sur une volonté ferme de protéger les espèces locales.
Protéger les espèces locales : au-delà des clichés
Pourquoi une telle mesure ? Les fondateurs et habitants estiment que, même bien intentionnés, les animaux domestiques — particulièrement les prédateurs carnivores que sont les chats et les chiens — représentent un danger pour la faune indigène. On ne peut pas les empêcher de jouer, de chasser au risque d'aller contre leur nature...et de les rendre malheureux.
Mais la faune qui les entoure est composée d'espèces fragiles et/ou en voie de disparition. Cette dernière comprend notamment wallabies, kangourous, koalas, bandicoots, oiseaux, serpents et même des ornithorynques, qui vivent ou traversent librement la réserve naturelle qu’est devenue la communauté.
Selon Bill Smart, l’un des résidents âgé de 77 ans, beaucoup regrettent leurs animaux mais comprennent que leur présence peut perturber les écosystèmes locaux, y compris par la chasse et la prédation ou parce qu’ils constituent une source de stress pour certaines espèces.
« Nous regrettons ne plus avoir un chien, mais c’est le prix à payer »
Un autre résident indique : Ma fille et moi passons des heures à regarder les animaux sauvages.
Une communauté, pas seulement un habitat
Dans cet écovillage, la vie communautaire est intense et solidaire : les habitants partagent plus que des ressources techniques, ils participent à des activités collectives, des jardins partagés, et s’entraident lors d’événements familiaux comme les naissances ou les anniversaires. La café du village est un lieu central où les voisins se retrouvent chaque semaine, et chacun contribue à l’entretien des espaces, à des projets comme les systèmes de traitement des eaux ou l’éducation des plus jeunes.
Cette forme de vie en communauté, inspirée des anciennes expériences hippies et des mouvements écologiques alternatifs, offre un visage différent de la durabilité : plutôt qu’une simple réduction d’empreinte carbone individuelle, il s’agit d’une harmonie collective avec la nature environnante.
Un modèle vertueux... mais extrême ?
Alors que de nombreuses villes et municipalités dans le monde cherchent à protéger leurs milieux naturels — parfois via des zones sans chiens sur certaines plages ou réserves — Currumbin Ecovillage pousse l’idée à l’extrême pour préserver une faune australienne particulièrement fragile.
Ce modèle soulève des questions importantes : jusqu’où une communauté peut-elle aller pour préserver son environnement ? Et quel est le juste équilibre entre le bien-être humain (où l'amour des animaux a une place importante) et la protection de la biodiversité ?
L’expérience de Currumbin offre un exemple stimulant — controversé, mais résolument tourné vers une coexistence plus respectueuse avec la nature. Sans renoncer à nos animaux de compagnie, il y a des choses à faire en France pour accueillir encore plus de biodiversité dans nos jardins.