Une mesure exceptionnelle face à l’abandon des animaux de compagnie au Moyen-Orient

Par Karelle Bourgueil -

Derrière le conflit au Moyen-Orient se joue un autre drame plus silencieux. Des ressortissants étrangers fuient les Emirats arabes unis en abandonnant derrière eux leurs animaux de compagnie. Sollicité par les associations de protection animale, le ministère de l’Agriculture français prend une mesure dérogatoire pour faciliter le rapatriement des animaux de compagnie.

chien abandonné lors du conflit au Moyen-Orient

Un véritable naufrage pour la cause animale

Face à l’intensification des tensions géopolitiques et des frappes aériennes, des expatriés quittent précipitamment les Emirats arabes unis et laissent leurs animaux de compagnie livrés à eux-mêmes. Sur les réseaux, des photos de chiens attachés à des lampadaires, de chats abandonnés sur les balcons ou de lapins en cage posés au pied des immeubles se multiplient.

Si la tension que vivent les ressortissants étrangers qui cherchent à rejoindre leur pays est compréhensible, l’abandon de leurs compagnons choque de nombreux internautes et associations de protection animale. Ces dernières se mobilisent et incitent ceux qui veulent fuir le pays à trouver une solution pour rapatrier leurs animaux.

Allègement des conditions sanitaires jusqu’au 30 avril

A la frontière avec Oman, des animaux sont abandonnés faute de remplir les formalités douanières en matière de vaccins et d’analyses sanguines. La législation européenne impose, quant à elle, un délai de 3 mois pour le titrage des anticorps antirabiques avant de pouvoir introduire un animal dans un pays membre. Ces mesures, incompatibles avec une situation de rapatriement d’urgence, avaient fait l’objet d’une dérogation lors du début de la guerre en Ukraine.

Sollicité par la Fondation Brigitte Bardot, le ministère de l’Agriculture français a décidé d’assouplir les conditions sanitaires de retour des chiens et des chats domestiques en provenance des pays concernés par le conflit jusqu’au 30 avril. Une mesure qui va permettre aux ressortissants français de faciliter leur rapatriement avec leurs compagnons.

Véritable membre de la famille ou accessoire de communication ?

Au-delà de ces abondons massifs, des médias dénoncent des décisions encore plus radicales : des demandes d’euthanasie d’animaux en pleine santé auprès des vétérinaires locaux pour éviter les frais de transport ou la lourdeur administrative.

L’influenceuse Maddy Burciaga qui a fui Dubaï pour l’île Maurice en laissant sa chienne s’est justifiée sur son compte Instagram : « Faire voyager Maya est très compliqué, il y a trop de paperasse ». Son post a suscité l’indignation et la colère de nombreux followers.

Un phénomène qui pose la question de la place accordée aux animaux dans la vie de certains influenceurs : les considèrent-ils comme un membre de leur famille à part entière ou comme un levier de communication pour booster leur image sur les réseaux sociaux ?

Adopter un animal, être sensible, est un engagement à vie et implique une responsabilité vis-à-vis de ses besoins et de sa sécurité. Un engagement parfois trop vite oublié et qui relance le débat de l’obtention d’un permis de détention d’un animal de compagnie, déjà en vigueur en Wallonie et en Suisse.

Une prise de conscience nécessaire

Au-delà de la mesure prise par le ministère, un assouplissement des réglementations des compagnies aériennes qui, pour certaines, interdisent le transport d’animaux ou imposent le voyage en soute, pourrait également faciliter le retour en urgence des animaux.

La compagnie italienne ITA Airways, qui sera la première compagnie aérienne à autoriser les chiens jusqu’à 30 kg à voyager en cabine d’ici l’été 2026, est un exemple à suivre en matière d’inclusion de nos animaux compagnons.

Espérons que cette situation dramatique fasse prendre conscience de la nécessité de mieux protéger les animaux qui partagent nos vies et rappelle à chacun qu’adopter un animal implique des responsabilités morales et financières pour assurer sa sécurité et son bien-être.