Faut-il vraiment mettre des bottes à son chien en hiver ? Ce qu'en disent les experts.
Par temps de neige et de verglas, les coussinets des chiens subissent un double choc : le froid intense et le contact avec le sel de déneigement. Face à ce risque, de nombreux propriétaires optent pour des protections. Mais certaines erreurs de choix peuvent aggraver la situation au lieu de la résoudre.
Le faux ami de l'hiver : le piège des chaussettes en tissu
On voit souvent passer des petites chaussettes mignonnes, tricotées en coton léger. Si l'intention - garder les coussinets au chaud - est louable, la réalité physique est plus brutale. Un tissu classique, dès qu'il entre en contact avec la neige fondue, se gorge d'eau instantanément.
Imaginez marcher avec des chaussettes détrempées par -2°C. C'est exactement ce que subit votre chien. Cette humidité glacée reste prisonnière contre la peau pendant toute la durée de la balade. Au lieu de protéger, vous créez un environnement propice aux gerçures sévères et, dans les cas de froid prolongé, à des lésions cutanées douloureuses.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter :
- L'imperméabilité n'est pas un bonus. C'est le prérequis absolu. Si l'eau passe, la protection devient un danger. Testez vos bottines dans un fond d'eau avant la première sortie.
- Gare à la glissade. Une chaussette sans semelle sur du verglas transforme votre chien en patineur malgré lui. Pour une sécurité réelle, privilégiez des bottines dotées d'une véritable semelle antidérapante texturée. Les muscles et les articulations de votre compagnon vous remercieront.
- La question de la taille. Une botte trop serrée coupe la circulation, tandis qu'une botte trop large finira perdue dans un tas de neige au bout de dix mètres. Mesurez la largeur de la patte en appui au sol pour ne pas vous tromper.
Le baume protecteur : au-delà de l'effet de mode
Vous avez peut-être vu passer ces vidéos de baumes maison (DIY) sur vos réseaux sociaux. Si l'engouement est réel, c'est parce que la méthode repose sur un principe physique simple : le gras est hydrophobe. En créant une pellicule isolante à base de cire d'abeille ou de beurres végétaux, on limite l'adhérence de la neige.
C'est particulièrement efficace pour les chiens qui supportent mal le port de bottines. Cela empêche la formation de ces petits glaçons pointus qui s'agglomèrent entre les doigts et finissent par blesser l'animal à chaque pas.
Mais attention à la composition. Votre chien va inévitablement se lécher les pattes au retour. Bannissez les produits contenant des huiles essentielles ou des composants chimiques (la vaseline est un dérivé du pétrole). Un bon baume doit être "comestible". Appliquez-le juste avant de franchir la porte, et n'hésitez pas à en remettre une fine couche après le nettoyage pour assouplir la peau si elle semble irritée.
Sel de déneigement : le danger invisible du retour
C'est sans doute le point le plus critique, et pourtant le plus souvent négligé. Le sel de déneigement n'est pas qu'un simple irritant. C'est un agent corrosif qui "pompe" l'hydratation naturelle des coussinets, les rendant friables et sujets aux crevasses.
Pire encore, le sel peut devenir toxique s'il est ingéré en grande quantité lors du toilettage.
Le rituel incontournable du retour : Même si votre compagnon portait des protections, ne faites pas l'impasse sur le rinçage. Une bassine d'eau tiède et un séchage méticuleux avec une serviette propre sont vos meilleurs alliés. Insistez bien sur les espaces interdigitaux. C'est là que le sel et le sable se logent et provoquent des dermites douloureuses. Une patte propre est une patte en bonne santé.
Checklist : sortie grand froid
- Test d'étanchéité : Une bottine qui prend l'eau est pire que pas de bottine du tout.
- Anticipation : Baume appliqué sur pattes sèches avant le départ pour une barrière maximale.
- Récupération : Rinçage tiède et inspection systématique pour détecter d'éventuelles coupures dues à la glace tranchante.