Quelle est la race de chien préférée des Français ? (Et pourquoi c'est un mauvais critère de choix)

Par Alice Blanchard -

Les données de l'I-CAD (fichier national d'identification des animaux domestiques) confirment une tendance : les Français aiment les chiens de race. Mais pendant que des éleveurs vendent des chiots pure race, des milliers de croisés aux allures de Berger australien, de Golden Retriever ou de Labrador dorment dans des boxes de refuges…

Quelle est la race de chien préférée des Français ? (Et pourquoi c'est un mauvais critère de choix)

Le top 5 des identifications 2024

Selon l'I-CAD, voici les cinq races et apparences raciales les plus identifiées en France en 2024 :

  1. Berger australien : 34 199 identifications
  2. Chihuahua : 32 035 identifications
  3. Border Collie : 31 339 identifications
  4. Golden Retriever : 23 513 identifications
  5. Labrador : 22 026 identifications
classement races préférées français
Source : https://www.i-cad.fr/

En 2024, le Berger australien confirme donc sa place en tête du podium des identifications, devant le Chihuahua et le Border Collie. Ces chiffres incluent à la fois les chiens déclarés inscrits au LOF (Livre des Origines Français) et ceux d'apparence raciale, c'est-à-dire ressemblant à une race sans être officiellement enregistrés. Autrement dit, beaucoup de Français adoptent des chiens qui ressemblent fortement à des Berger australien ou des Golden sans pour autant débourser 1 000 à 2 000 euros et encourager le commerce des animaux.

Les races les plus représentées dans la population totale

deux chihuahuas, race de chien très populaire

Les résultats ne sont pas les même si l'on regarde la population globale des chiens enregistrés en France au 31 décembre 2024 :

  1. Chihuahua : 468 889 individus
  2. Border Collie : 416 565 individus
  3. Terrier Jack Russell : 382 469 individus
  4. Yorkshire : 373 631 individus
  5. Labrador : 360 389 individus

Le Berger australien, star des identifications récentes, n'apparaît même pas dans ce top 5 global, preuve que les races sont un effet de mode qui ne dure pas.

La course aux races, un marché lucratif

Derrière ces chiffres se cache une réalité économique : les éleveurs vendent des chiots entre 1 000 et 2 500 euros. À cause des réseaux sociaux, la demande explose : un Berger australien aux yeux vairons fait des millions de vues sur TikTok, un Golden Retriever mignon remplit les fils Instagram.

Résultat : on achète un chien pour son apparence, parfois sans se renseigner sur ses besoins réels. Le Berger australien, par exemple, a besoin de plusieurs heures d'activité physique par jour. Le Border Collie est un chien de travail qui peut développer des troubles comportementaux s’il n’est pas assez stimulé mentalement. Beaucoup de propriétaires l'apprennent trop tard.

Et pendant ce temps, les refuges débordent

Pendant que des familles attendent des mois pour acheter un chiot de race, les refuges croulent sous les abandons (encore des milliers d’abandon en 2024).

Des croisés Berger australien/Border Collie ? Il y en a des dizaines en refuge. Des Labrador ou des Golden Retriever abandonnés après avoir grandi ? Des centaines. Des Chihuahuas laissés parce que "trop aboyeurs" ? Encore plus.

Ces chiens ne sont pas vendus 2 000 euros, mais ils ont les mêmes qualités, le même potentiel d'affection, la même capacité à devenir un compagnon fidèle. Ils sont déjà stérilisés, vaccinés, identifiés et parfois, déjà bien éduqués... Autant de bonnes raisons d'adopter en refuge !

Les croisés, aussi beaux et souvent plus robustes

Quelle est la race de chien préférée des Français ? (Et pourquoi c'est un mauvais critère de choix)

Jeango, croisé Akita / Border Collie adopté en 2015 et encore en parfaite santé !

Un croisé Berger australien peut avoir les mêmes yeux bleus, le même pelage merle, la même énergie qu'un chien de race pure. Un croisé Labrador aura la même douceur, le même amour de l'eau, la même patience avec les enfants.

De plus, les croisés ont souvent moins de problèmes de santé, car leur diversité génétique est plus grande. En effet, la consanguinité liée à l'élevage de race pure favorise certaines maladies héréditaires : dysplasie de la hanche chez les Golden Retrievers, problèmes oculaires chez les Bergers australiens, troubles cardiaques chez les Chihuahuas.

Souvent, adopter un chien en refuge, c'est aussi éviter les désillusions : un chien adulte montre déjà son caractère, sa taille définitive, son niveau d'énergie. Pas de surprise.

Alors que faire ?

Au final, avant d’adopter un chien, peut-être faut-il se poser les bonnes questions :

  • Pourquoi acheter un chiot de race à prix d'or quand un chien similaire, déjà éduqué, stérilisé et vacciné attend depuis des mois dans un box de trois mètres carrés ?
  • Pourquoi alimenter un marché d'élevage parfois douteux, où certains chiots naissent dans des conditions déplorables, quand des milliers de chiens ont été abandonnés simplement parce qu'ils ne « plaisaient » plus à leurs propriétaires ?

Aimer les Bergers australiens, les Golden Retrievers ou les Border Collies, c'est légitime. Mais avant de dépenser 2 000 euros et d'encourager le commerce des animaux, pourquoi ne pas passer un après-midi dans un refuge ? Vous y trouverez peut-être un croisé qui ressemble comme deux gouttes d'eau au chien de vos rêves (et qui n'a pas son pareil dans le monde entier !) avec en prime la satisfaction de lui avoir sauvé la vie.