Congé pour s'occuper de son animal, pour bientôt en France ?

Par Lauriane Potin -

Un membre du Conseil Municipal de la ville de New York a récemment proposé une mesure susceptible de changer la façon dont les entreprises et les travailleurs prennent en compte la santé et le bien-être des animaux de compagnie dans le monde du travail. C'est aussi une manière de reconnaître le lien fort entre les animaux et leurs maîtres. Et si cela inspirait les programmes de nos politique Français qui rivalisent de créativité pour inclure de plus en plus les animaux de compagnie (et leurs maîtres) au centre de leur campagne ?

congé animal

Un projet pour reconnaître les besoins des animaux et de leurs humains

Le projet, présenté par le conseiller municipal Shaun Abreu, vise à modifier la loi qui encadre la prise des jours de congés pour les employés.

Aujourd’hui, la loi permet déjà aux employés d’utiliser ces jours en cas de maladie personnelle ou pour s’occuper d’un membre de leur famille malade. La proposition entend élargir cette définition pour y inclure les animaux de compagnie ou les animaux d’assistance qui requièrent des soins médicaux, des diagnostics, des traitements ou même des soins préventifs.

L'objectif est de permettre aux travailleurs d'utiliser leurs jours de congé maladie déjà acquis pour des soins liés à leurs animaux de compagnie.

Cette initiative ne crée pas de congés supplémentaires : elle permet simplement d’autoriser l’utilisation des congés maladie déjà existants dans des situations où un animal a besoin de soins — qu’il s’agisse d’un rendez-vous vétérinaire, d’un traitement contre une maladie ou de soins après une blessure.

Pourquoi cette mesure est importante pour le bien-être animal

Pour beaucoup de propriétaires, un animal de compagnie n’est pas un simple compagnon : c’est un membre de la famille. Lorsqu’un chien est malade, qu’un chat se blesse ou qu’un oiseau a besoin de soins urgents, les propriétaires doivent jongler entre leurs responsabilités professionnelles et ces soins (et parfois leur budget, mais c'est plus une histoire d'assurance santé animale).

Dans tous les cas, il nous sommes perdants: l'animal qui voit ses soins repoussés, soit son propriétaire est angoissé au travail, les urgences vétérinaires sont encombrées aux heures pleines.

En ouvrant la porte à des congés pour soins animaliers, la mesure reconnaît que le bien-être des animaux de compagnie est intimement lié à la santé mentale et émotionnelle de leurs propriétaires.

Shaun Abreu lui-même a évoqué des recherches montrant que la possession d’un animal peut réduire le stress et améliorer le bien-être général — ce qui signifie qu’aider un animal à rester en bonne santé aide aussi l’humain. Une vision certes un peu plus centrée sur l'humain que l'animal (comme les récentes propositions de Rachida Dati à Paris) mais qui reste un levier intéressant pour faire avancer la cause animale.

La proposition s’inscrit aussi dans une tendance plus large : de plus en plus d’entreprises offrent des congés dits de « pawternity » (mot-valise anglophone combinant « paw » = patte et « paternity » = paternité) pour l’adoption d’un nouvel animal ou la prise en charge de celui-ci lorsqu’il est malade.

un chien golden retriever et sa maîtresse, qui se regardent face à face avec complicité

Ce que cela implique concrètement pour les travailleurs

Si cette loi est adoptée par le conseil municipal puis appliquée, les New-Yorkais salariés pourraient utiliser leurs heures de congés maladie pour accompagner leurs animaux chez le vétérinaire sans perdre de revenus ou devoir utiliser leurs congés personnels.

Cela n’augmente pas le nombre total de jours de congé, mais donne une nouvelle raison légale d’utiliser ceux que l’on a déjà.

Les petits employeurs comme les grandes entreprises seraient concernés, car la loi s’appliquerait à toutes les structures couvertes par le cadre actuel.

Une initiative qui fait écho ailleurs

Pour l’instant, peu de juridictions ont une loi aussi explicite : la plupart des mesures similaires restent volontaires ou limitées à des accords internes aux entreprises.

Certaines villes américaines et entreprises privées ont déjà commencé à offrir des congés pour accueil d’un nouvel animal, soins ou deuil après la perte d’un compagnon à quatre pattes. Cependant, New York pourrait être pionnière à l’échelle municipale si son conseil adopte cette réforme.

Ce type de proposition relance le débat sur la reconnaissance juridique et sociale du lien profond entre humains et animaux — et pourrait inspirer d’autres villes ou États à repenser leurs lois du travail pour mieux refléter les réalités des familles modernes.