Près d'un chat sur trois n'est toujours pas identifié en France

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En France, le chat a dépassé le chien pour devenir l'animal de compagnie le plus répandu dans les foyers. Un succès qui cache une réalité moins flatteuse : malgré une obligation légale en vigueur depuis 2012, un tiers des chats environ échappent encore au fichier national d'identification.

un chat qui a été identifié

Le chat, nouvel animal préféré des Français, mais pas toujours en règle

Selon le baromètre FACCO-Odoxa 2025-2026, la France compte désormais 16,6 millions de chats contre 9,6 millions de chiens. 39 % des Français possèdent au moins un félin, contre 28 % pour les chiens. Le chat s'est imposé comme l'animal de compagnie dominant, une tendance de fond portée notamment par les jeunes adultes urbains.

En 2024, le Fichier National I-CAD a enregistré 923 329 nouvelles identifications de chats, contre 713 812 pour les chiens, confirmant que les félins représentent désormais la majorité des nouvelles déclarations. Le revers de la médaille : cette montée en puissance ne s'accompagne pas d'un taux d'identification à la hauteur

Toujours selon le baromètre FACCO-Odoxa, seulement 67 % des chats sont identifiés, contre 89 % des chiens. Un sur trois passe donc à travers les mailles du filet, alors que la loi l'impose.

Une obligation légale trop souvent ignorée

Tous les chats nés après le 1er janvier 2012 doivent être identifiés par puce électronique ou tatouage avant l'âge de 7 mois. Les propriétaires qui ne s'y conforment pas s'exposent à une amende pouvant atteindre 750 euros.

Lors d'une conférence de presse tenue en mai 2025, Cécile Gardino, vétérinaire et responsable de l'analyse des données pour la société Ingenium animalis (qui gère le Fichier National I-CAD sous délégation du ministère de l'Agriculture), a déploré un taux d'identification "vraiment trop faible" pour les chats, "alors que c'est une obligation réglementaire".

Les propriétaires reviennent souvent aux mêmes objections : "Mon chat ne sort pas", "Il ne se perd jamais". Des arguments qui ne tiennent pas face aux chiffres.

La méthode d'identification la plus répandue reste la puce électronique : en 2025, 95 % des animaux nouvellement identifiés l'ont été par ce biais, qui s'impose comme la référence en raison de sa fiabilité, de sa durabilité et de sa lisibilité par les professionnels. Le tatouage reste possible, mais tend à s'effacer avec le temps et n'est plus accepté pour les voyages à l'étranger.

Un chat non identifié, c'est un chat en danger

Les conséquences d'un défaut d'identification sont loin d'être anodines. En 2025, 90 081 animaux ont été déclarés perdus auprès du Fichier National I-CAD, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024, ce qui représente environ 250 animaux déclarés perdus chaque jour.

La bonne nouvelle : l'identification fonctionne. En 2025, près de 46 000 animaux égarés ont été officiellement déclarés retrouvés et ont pu regagner leur foyer, un chiffre en hausse de 11 % par rapport à l'année précédente. Pour un chat non identifié, ces chances s'effondrent.

Sans puce ni tatouage, le chat errant est considéré comme sans propriétaire. Pris en charge par la fourrière, il dispose d'un délai légal de 8 à 10 jours avant d'être mis à l'adoption ou, faute de place, euthanasié. En 2025, 7 686 chats sont entrés en fourrière.

Autre piège à éviter : une puce enregistrée avec des coordonnées obsolètes ne sert à rien. Déménagement, changement de numéro, nouveau propriétaire : chaque modification doit être signalée au fichier I-CAD.

L'identification, premier acte d'une adoption responsable

Faire identifier son chat n'est pas une formalité parmi d'autres : c'est l'une des premières responsabilités du propriétaire. Que l'animal soit adopté en refuge, récupéré auprès d'un particulier ou acheté chez un éleveur, l'identification est obligatoire avant toute cession et reste à la charge du cédant. Le coût, généralement compris entre 60 et 80 euros, est modeste au regard de ce qu'il protège.

L'identification reste, à ce jour, le seul moyen légal de prouver qu'un animal a un propriétaire, et le levier le plus efficace pour le retrouver s'il vient à fuguer.

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