Stress : plus d'un chien ou d'un chat sur deux est concerné, selon une étude
Plus de la moitié des chiens et des chats français ont déjà montré des signes de stress à leurs propriétaires. C'est ce que révèle une étude de l'institut IFOP, qui met des chiffres sur un phénomène longtemps resté dans l'angle mort des foyers.
Ce que révèle l'étude IFOP
L'étude a été commandée par le laboratoire Virbac, qui s'appuie sur ces résultats pour lancer une gamme de solutions apaisantes à base de phéromones, Zenifel pour les chats et Zenidog pour les chiens. Au-delà de son origine commerciale, le chiffre confirme un constat déjà partagé par les vétérinaires comportementalistes : le stress animal reste largement sous-diagnostiqué.
Menée en avril 2026 auprès de 1 005 Français, dont 526 propriétaires de chiens ou de chats, l'enquête IFOP établit ainsi que 56 % d'entre eux ont déjà observé chez leur animal des signes de stress, d'anxiété ou de mal-être. Pour 22 % des répondants, ces manifestations reviennent régulièrement.
Les signes qui doivent alerter
Vocalises répétées, repli sur soi ou recherche excessive d'attention, problèmes de propreté, variations d'appétit, agitation lors d'un changement d'environnement : voici les manifestations les plus citées par les propriétaires interrogés. D'autres signaux, moins souvent identifiés, méritent la même vigilance, comme les griffades et destructions, le léchage compulsif, les halètements inhabituels ou l'hypervigilance face au moindre bruit.
Chez le chat, la prudence s'impose particulièrement, car l'animal a pour habitude de dissimuler son inconfort, ce qui retarde souvent la prise de conscience du propriétaire. Notre guide sur les solutions pour apaiser un chat anxieux détaille ces signaux félins, tandis que les signaux d'apaisement du chien permettent de décoder son langage corporel.
Des déclencheurs très concrets
Déménagement, absences prolongées, trajets en voiture, visite chez le vétérinaire, bruits soudains comme un orage ou un feu d'artifice, arrivée d'un nouvel animal ou simple changement de routine : les causes de stress paraissent souvent anodines.
Jusqu'à la moitié des chiens réagiraient pourtant aux sons intenses par de véritables signes d'anxiété. Le manque de socialisation durant les premières semaines de vie augmente aussi la sensibilité future de l'animal, tout comme l'état émotionnel de son propriétaire, que le chien ou le chat perçoit avec une acuité surprenante.
Un mal-être qui peut devenir un problème de santé
Le stress ne se limite pas au comportement. Chez le chat, des chercheurs de l'Université de Montréal ont observé que les félins sujets à des troubles anxieux présentaient deux fois plus de cystites idiopathiques, une inflammation douloureuse et récurrente de la vessie.
Un stress chronique non pris en charge peut ainsi fragiliser durablement la santé physique de l'animal, bien au-delà du simple inconfort passager.
Faut-il agir tout de suite ou attendre que ça passe ?
Les propriétaires restent partagés face à ces signaux. Si 67 % ont déjà envisagé ou mis en place une solution, le plus souvent en consultant un vétérinaire ou en aménageant l'environnement, un tiers estime encore qu'il n'y a rien à faire, considérant le stress comme passager.
Les professionnels du comportement animal penchent plutôt pour la première option : plus un inconfort émotionnel est repéré tôt, plus il reste simple à corriger. Les solutions apaisantes du marché, phéromones ou compléments, peuvent accompagner cette démarche, mais elles ne remplacent jamais l'identification et la suppression de la source du stress elle-même.
Prévenir plutôt que guérir : le rôle de l'adoption responsable
La meilleure protection contre le stress animal se joue souvent en amont, dès l'adoption. Un animal accueilli dans un foyer préparé à ses besoins, avec le temps nécessaire pour s'adapter à son nouvel environnement, développe une résilience émotionnelle bien supérieure à celle d'un animal adopté dans la précipitation. C'est tout l'enjeu du temps d'adaptation après une adoption, une étape trop souvent sous-estimée.
Le questionnaire parfois perçu comme intrusif des refuges vise d'ailleurs précisément à limiter ces situations de mal-être : les explications sur la préparation d'une adoption durable montrent comment associations et futurs adoptants travaillent main dans la main pour l'éviter. Bien se renseigner avant d'adopter, à l'aide d'un guide complet selon l'animal choisi, reste le premier geste de bien-être animal.
Repérer les signes de stress tôt et bien préparer chaque étape de la vie d'un animal, de l'adoption jusqu'au quotidien, demeure la meilleure garantie de son équilibre émotionnel.