823 animaux rescapés de l’enfer dans le Var : ce sauvetage relance le débat sur la vente en ligne
Chiens, lapins, chèvres, oiseaux… Plus de 800 animaux ont été découverts dans des conditions effroyables à Flassans-sur-Issole dans le Var. Tous étaient destinés à la vente en ligne sur Leboncoin. Dénoncée par les associations de protection animale, cette pratique relance le débat sur la vente d’animaux sur internet.
Une découverte bouleversante qui révèle les dérives de la vente en ligne
Les images sont insoutenables. Plusieurs centaines d’animaux entassés, privés de lumière et maintenus dans des conditions d’hygiène déplorables. Une découverte choquante qui illustre l’ampleur de la maltraitance animale encore trop souvent invisible.
Tout est parti de plusieurs alertes de vétérinaires, d'associations et même d'acquéreurs sur la vente de chiots présentant des troubles du comportement. Des signalements qui ont conduit la gendarmerie nationale et la Société protectrice des animaux (SPA) à mener cette opération de sauvetage d’une ampleur exceptionnelle, la plus importante depuis 20 ans.
Si ces animaux sont désormais à l’abri de leurs bourreaux, le démantèlement de ce trafic clandestin d’animaux de compagnie relance le débat sur la vente en ligne à laquelle ils étaient destinés.
Que dit la loi ?
La vente d’animaux de compagnie sur internet est strictement encadrée. Depuis la loi n° 2021-1539 du 21 novembre 2021, un particulier n’a pas le droit de vendre un animal en ligne, même s’il s’agit d’un chiot ou d’un chaton dont il détient la mère. Cette pratique est réservée aux éleveurs qui sont soumis à un ensemble d'obligations déclaratives, sanitaires et de formation.
Malgré l’interdiction, des chiots et des chatons sont toujours proposés à la vente par des particuliers sur Leboncoin. Dans la catégorie “animaux”, le moteur de recherche permet même un filtre pour afficher uniquement les offres de particuliers, laissant ouvertes des transactions pourtant illégales.
Des associations demandent la suppression de la catégorie "animaux"
Les associations dénoncent cette pratique qui favorise la marchandisation d’individus sensibles, traités comme de vulgaires objets que l’on peut acheter, vendre ou échanger au premier inconnu qui se présente.
Les refuges font face à de nombreux abandons de particuliers qui ont acheté leur animal sur internet et se retrouvent dépassés par l’ampleur des responsabilités et dépenses qu’engendrent leur compagnon.
En février dernier, l’association PETA France a lancé une campagne pour demander la fermeture de la catégorie “animaux” sur Leboncoin. Une initiative relayée par les influenceurs Shanna Kress et Jonathan Matijas.
Le couple pointe du doigt de nombreuses dérives signalées sur la plateforme : chiots vendus trop jeunes, identifications falsifiées, abandons dissimulés derrière de fausses annonces ou encore ventes illégales de chiens catégorisés. Des pratiques qui interrogent, après la découverte des 823 animaux à Flassans-sur-Issole qui vient brutalement rappeler les risques de ces circuits opaques.
Face à ces dérives, Shanna Kress et Jonathan Matijas appellent à privilégier l’adoption en refuge. Une démarche qu’ils présentent comme la seule option responsable pour accueillir un animal, tout en offrant une seconde chance aux nombreux chiens et chats encore en attente d’un foyer.