Crottes de chien : certaines villes utilisent désormais l’ADN pour retrouver les propriétaires
Pour lutter contre les déjections canines, certaines municipalités ont opté pour une méthode inattendue : constituer un fichier ADN répertoriant les chiens de la ville. En cas d’incivilité, un simple prélèvement sur une déjection permet d’identifier le propriétaire de l’animal. Si les premiers résultats apparaissent encourageants, le dispositif soulève également plusieurs questions.
Comment ça marche ?
Certaines villes ont choisi de doter les chiens d’une carte d’identité ADN afin de mieux identifier les propriétaires qui ne ramassent pas les déjections de leur animal. Mis au point par un laboratoire bordelais, ce système repose sur l’analyse génétique des chiens pour remonter jusqu’à leur propriétaire en cas d’incivilité.
Cette identification est réalisée chez le vétérinaire grâce à un prélèvement salivaire effectué à l’aide d’une brosse passée à l’intérieur des joues du chien. L’analyse permet ensuite d’établir une carte d’identité génétique. Celle-ci doit être présentée en cas de contrôle lors des promenades dans les rues de la ville. Sa non-présentation peut entraîner une amende pouvant atteindre 150 euros.
Lorsqu’une déjection non ramassée est signalée, la police municipale peut procéder à une analyse ADN afin d’identifier l’animal concerné et retrouver son propriétaire, qui s’expose alors à une sanction.
Quelles villes françaises ont déjà adopté ce système ?
La mesure n’a rien d’une première : plusieurs villes en Espagne et en Italie l’appliquent déjà depuis plusieurs années.
En France, Béziers, dans l’Hérault, a été la première commune à mettre en place ce dispositif dans son centre historique à l’été 2023. Séduites par ce procédé, d’autres villes lui ont depuis emboîté le pas, comme L’Escarène dans les Alpes-Maritimes ou encore Reims.
En juin 2025, le maire de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, a lui aussi décidé, via un arrêté municipal validé par la préfecture, de recourir à ce système dans un périmètre limité du centre-ville. Face aux résultats jugés encourageants, le dispositif va être étendu.
Une mesure efficace ou controversée ?
Six mois après la mise en place du dispositif à Saint-Omer, le maire annonçait une baisse de 60 % des déjections canines dans les rues de la ville. En un an, un millier de chiens ont été enregistrés et seulement une vingtaine de verbalisations ont été dressées. La municipalité juge ce bilan positif et a décidé d’étendre le dispositif à l’ensemble de la commune à partir d’août 2026.
Si le système semble porter ses fruits, il soulève également certaines interrogations. Les démarches à effectuer pour obtenir cette carte d’identité génétique pourraient inciter certains propriétaires à limiter les sorties de leur chien plutôt qu’à se conformer au dispositif. Une conséquence potentiellement néfaste pour le bien-être animal, alors que les promenades, les découvertes olfactives et les interactions avec d’autres chiens jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’animal.
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Le recours à une base de données ADN soulève aussi des questions en matière de protection des données. Même s’il s’agit de l’ADN du chien et non de celui de son propriétaire, certains opposants s’inquiètent du stockage de ces informations génétiques dans des bases de données privées et de l’usage qui pourrait en être fait à l’avenir.
Les partisans de cette mesure estiment au contraire qu’elle pourrait favoriser une meilleure cohabitation entre les propriétaires de chiens et les autres usagers de l’espace public. Certains y voient même un moyen de faciliter l’accès des chiens à davantage de parcs et d’espaces verts, un enjeu particulièrement sensible lors des épisodes de fortes chaleurs.