50 000 $ pour cloner son animal de compagnie : ces célébrités ont-elles perdu la tête ?

Par Alice Blanchard -

Tom Brady, Barbara Streisand... Plusieurs stars mondiales ont franchi le pas. Comme le révèle une analyse publiée dans The Conversation, le clonage d'animaux de compagnie devient un business florissant. Avec un prix d'entrée de 50 000 dollars minimum, cette pratique séduit une clientèle fortunée en quête d'immortalité pour leurs compagnons.

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Mais derrière les promesses se cachent des risques majeurs que les scientifiques dénoncent aujourd'hui.

Un business qui explose depuis Dolly

Depuis la naissance de Dolly, la brebis clonée en 1997, la technologie a considérablement progressé. Selon les experts cités par The Conversation, des chiens, chats, chevaux, vaches et même des furets ont été clonés avec succès.

Mais comme le souligne Jacqueline Boyd, maître de conférences en sciences animales à l'université de Nottingham Trent, le taux de réussite reste dramatiquement bas : seulement 16% environ. Ce qui signifie que pour obtenir un clone viable, de nombreuses tentatives échouent.

Les risques sanitaires alarmants pour l’animal cloné

Les données scientifiques révèlent des chiffres inquiétants. Selon l'étude citée par The Conversation, 48 % des porcelets clonés meurent dans le premier mois de vie. Mais comme le souligne Boyd, notre compréhension de la santé des clones reste limitée.

De plus, si l'animal original avait des prédispositions génétiques à certaines maladies, le clone en héritera intégralement.

Le calvaire des mères porteuses

Le clonage ne se fait pas dans un laboratoire aseptisé sans victime collatérale. Comme le dénonce Boyd, le processus implique de prélever des ovules sur des femelles, une procédure invasive qui implique un traitement hormonal et une chirurgie.

Les mères porteuses subissent ensuite des grossesses à risque : pertes gestationnelles, anomalies à la naissance et décès des nouveau-nés sont relativement courants.

Une dérive dangereuse

Cette tendance a de quoi alarmer. Non seulement pour les raisons éthiques et sanitaires évoquées, mais aussi pour ce qu'elle révèle de notre rapport aux animaux de compagnie.

Le consentement, cette question ignorée

Nos animaux ne peuvent pas consentir à ce que leur matériel génétique soit prélevé, stocké, puis utilisé pour créer des clones. Les échantillons prélevés sur un animal vivant causent souvent douleur et détresse.

Cette question du consentement est fondamentale. Les animaux en question ne sont pas clonés pour leur bien-être, mais pour satisfaire une incapacité certaine à accepter leur mort. C'est une forme d'égoïsme déguisé en amour.

50 000 dollars : combien de vies sauvées ?

Comme le souligne le maître de conférence interrogé, les 50 000 dollars pourraient être utilisés pour bénéficier à l'ensemble de la population animale, notamment aux animaux de refuges qui cherchent désespérément des foyers aimants.

Faisons le calcul : avec 50 000 dollars, on pourrait financer la stérilisation, les vaccins, l’identification et les soins vétérinaires de première année de plus de 100 chiens ou chats en refuge. Cent vies sauvées contre une copie imparfaite d'un animal décédé.

La législation française : une protection bienvenue

En France, comme au Royaume-Uni, le clonage d'animaux de compagnie à des fins commerciales n'est pas autorisé, car considéré comme une forme d'expérimentation animale.

Toutefois, il est possible de prélever des échantillons sur l'animal donneur et de poursuivre avec un laboratoire étranger. Une faille que certains propriétaires fortunés exploitent.

Une réglementation internationale plus stricte pour fermer ces échappatoires et protéger les animaux serait la bienvenue.

L'immortalité n'existe pas

Cette quête de clonage révèle notre difficulté collective à accepter la mortalité de nos compagnons. Mais l'immortalité n'existe pas. Et tenter de la créer artificiellement cause plus de souffrances qu'elle ne soulage les personnes endeuillées.

Un animal cloné ne sera jamais la réincarnation de l'animal donneur, ce sera un individu distinct, avec sa propre personnalité. Espérer retrouver un compagnon décédé, c'est se condamner à la déception et condamner le clone à vivre dans l'ombre d'un fantôme. Peut-être un peu comme le chaton de Kelly Jenner, adopté seulement 2 semaines après le décès de son chien...

Le vrai legs d'un animal aimé

Comme le conclut magnifiquement Boyd, nous ferions mieux de consacrer notre temps, notre argent et notre énergie à rendre leur vie avec nous aussi heureuse et mémorable que possible.

Un peu à la façon de Nicola, qui a laissé son chat disparu depuis 5 ans vivre heureux avec ses nouveaux humains.

Nous encourageons les propriétaires en deuil à :

  • Accepter la douleur comme preuve de l'amour partagé
  • Honorer la mémoire de leur compagnon sans chercher à le remplacer
  • Prendre le temps nécessaire avant d'envisager d’adopter un nouvel animal
  • Ouvrir leur cœur à un nouvel individu quand suffisamment de temps aura passé.

Chaque animal est irremplaçable et c'est justement ce qui rend notre relation avec eux si précieuse.