Le Poméranian : cette race de petit chien "peluche" cache une réalité pas si mignonne

Par Alice Blanchard -

Quand Kim Kardashian a offert quatre chiots Poméranian à ses enfants pour Noël dernier, elle a relancé un phénomène déjà bien ancré : l'effet de mode autour de certaines races. Minuscule, poilu, aux allures de peluche vivante, le Poméranian séduit par son apparence. Mais derrière le physique attendrissant se cache une réalité que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard.

un Poméranian, une race de chien à l'apparence "pelluche"

Un chien miniature aux problèmes XXL

Le Poméranian pèse entre 1,8 et 3,5 kg à l'âge adulte. Cette taille réduite, recherchée par les éleveurs et prisée par les acheteurs, n'est pas sans conséquences. Les chiens de très petite taille souffrent fréquemment de luxation de la rotule, de fractures osseuses au moindre choc, de problèmes cardiaques et de fragilité dentaire. Leurs dents, trop nombreuses pour une si petite mâchoire, se chevauchent, ce qui entraîne des infections et la chute prématurée des dents.

Le Poméranian est aussi connu pour son tempérament nerveux. Aboiements excessifs, anxiété de séparation, agressivité envers les inconnus, difficultés à rester seul... Ce n'est pas un chien "facile" malgré sa taille. Il demande une éducation ferme, une socialisation précoce et beaucoup d'attention. Exactement le contraire de ce que recherchent ceux qui l'achètent pour son côté "mignon". Résultat : les refuges accueillent régulièrement des Poméranians abandonnés.

L'effet célébrité : quand une star crée la demande pour une race

Kim Kardashian n'est pas la première célébrité à populariser une race de chien. Paris Hilton a fait exploser la demande de Chihuahuas dans les années 2000 en se promenant partout avec son chien dans son sac à main. Résultat : une vague d'achats impulsifs, suivie d'une vague d'abandons quelques mois plus tard.

Le même schéma se répète avec le Poméranian. Quand une star comme Kim Kardashian montre ses quatre chiots sur Instagram, des millions de personnes voient ces images et beaucoup se disent "je veux le même." Ils cherchent des éleveurs, comparent les prix, achètent sur un coup de tête. Sans se renseigner sur les besoins réels de la race, sans anticiper les coûts, sans mesurer l'engagement sur 12 à 15 ans.

Les éleveurs peu scrupuleux profitent de cette demande et produisent des chiens toujours plus petits, toujours plus "mignons", sans se soucier des conséquences sur la santé des animaux. Plus le chien est petit, plus il est fragile. Plus il est fragile, plus il coûte cher en soins. Plus il coûte cher, plus il risque d'être abandonné.

Des lois pour encadrer les cas extrêmes

Le 1er janvier 2026, les Pays-Bas ont franchi une étape majeure dans la protection animale. Le gouvernement a interdit la détention, l'élevage et la vente de deux races de chats : le Sphynx et le Scottish Fold. Raison invoquée : les souffrances que ces animaux endurent du fait de leurs caractéristiques physiques :

  • Le Scottish Fold : ses oreilles repliées vers l'avant sont dues à une mutation génétique qui affecte le cartilage. Cette mutation touche tous les os et articulations, ce qui entraîne des douleurs chroniques, des raideurs, des boiteries, voire une paralysie.
  • Le Sphynx : presque totalement sans poil, il a du mal à réguler sa température corporelle, ce qui le rend vulnérable au froid, aux coups de soleil et aux infections cutanées.

Ces interdictions posent une question simple : jusqu'où peut-on aller dans la sélection génétique au nom de l'esthétique ? Et pourquoi pas certaines races de chiens ? Le Bulldog anglais, avec son museau écrasé, souffre de graves problèmes respiratoires. Le Teckel, avec son dos allongé, développe fréquemment des hernies discales. Le Cavalier King Charles, avec son crâne trop petit, souffre de syringomyélie, une maladie neurologique douloureuse…

Ces races continuent d'être élevées et vendues parce qu'elles plaisent. Parce qu'elles sont "mignonnes." Parce qu'elles génèrent des profits. Mais à quel prix pour les animaux eux-mêmes ?

Les refuges débordent de ces races "à la mode"

Les refuges accueillent ces chiens victimes de l’effet de mode. Ces chiens ne sont pas abandonnés parce qu'ils sont "mauvais." Ils sont abandonnés parce que leurs propriétaires ont acheté une image et ne se sont pas bien renseignés sur les contraintes qui viennent avec le petit compagnon.

Beaucoup de gens préfèrent acheter un chiot de race chez un éleveur plutôt qu'adopter un adulte en refuge, parce que le chiot correspond à l'image idéalisée. L'adulte, lui, montre la réalité.