Chien ou enfant ? Ce sondage américain qui bouscule notre idée de la famille

Par Lauriane Potin -

Dans un monde où la natalité recule dans de nombreux pays développés, certains jeunes Américains semblent opter pour une forme de parentalité alternative : celle consacrée à leurs animaux de compagnie.

chien enfants

Une constatation étonnante : les animaux de compagnie sont-ils les nouveaux enfants ?

Pets are the new kids ? Selon un article du magazine Fast Company, un sondage récent indique que près de 67 % des jeunes générations déclarent préférer avoir un chien plutôt qu’un enfant — un chiffre qui symbolise davantage une tendance socioculturelle qu’une vérité universelle.

Ce constat a de quoi surprendre : il reflète non seulement la place grandissante des animaux dans nos vies, mais aussi les transformations profondes des priorités personnelles et sociales chez les Millennials et la Génération Z.

Une enquête vétérinaire à l’origine du chiffre

Les chiffres évoqués par Fast Company s’appuient notamment sur une étude commandée par Vetster, une entreprise spécialisée dans la santé animale et les services vétérinaires. Cette enquête a interrogé plusieurs milliers de propriétaires d’animaux domestiques pour mesurer leurs attitudes envers la parentalité animale comparée à la parentalité humaine.

Selon ces résultats, une part significative des jeunes adultes américains perçoit son chien ou son chat comme un membre à part entière de la famille, au point que certains affirment qu’ils ne voient pas de différence entre l’éducation d’un animal et celle d’un enfant.

infographie, animaux de compagnie vs. enfants

Des données à prendre avec du recul

Comme souvent avec les sondages privés, la formulation des questions, le profil des répondants ou encore les motivations commerciales de l’entreprise commanditaire peuvent influencer les résultats. Les conclusions d’une enquête menée par une société vétérinaire peuvent refléter davantage les représentations des propriétaires d’animaux que celles de l’ensemble de la population.

Cela ne signifie pas nécessairement que 2/3 de tous les jeunes Américains préfèrent objectivement un chien à un enfant, mais plutôt que parmi certaines populations interrogées, cette préférence est fortement exprimée.

Un reflet de l’évolution des priorités individuelles

Au-delà des chiffres bruts, cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une génération qui reporte ou renonce à avoir des enfants pour des raisons économiques, sociales ou personnelles. La hausse du coût de la vie, l’insécurité de l’emploi et les nouvelles façons de concevoir l’équilibre vie privée/vie professionnelle jouent un rôle dans ces décisions.

Pour beaucoup, un chien ou un chat représente un engagement affectif intense, mais perçu comme plus flexible et moins lourd que celui qu’implique l’éducation d’un enfant.

Dans le cadre de l’enquête, près de la moitié des jeunes interrogés déclaraient voir leur animal comme un véritable membre de la famille — voire une sorte d’enfant symbolique — ce qui témoigne de l’importance affective accordée à ces compagnons.

Cette évolution des représentations du « foyer familial » n’est pas propre aux États-Unis. Dans d’autres sociétés occidentales, les animaux de compagnie occupent déjà une place centrale dans la vie des jeunes adultes, influençant choix de logement, mode de vie et réseaux sociaux.

Entre affection, bien-être et réalité socio-économique

Il serait réducteur de résumer ce phénomène à une simple « compétition » entre animaux et enfants. Les animaux de compagnie apportent du réconfort, améliorent souvent le bien-être psychologique et social de leurs propriétaires, et renforcent les liens communautaires autour de pratiques comme la promenade quotidienne ou les soins partagés.

Pour beaucoup, le choix d’un chien ou d’un chat ne constitue pas un rejet de la parentalité humaine, mais plutôt une adaptation à un environnement où les responsabilités familiales traditionnelles sont repensées.

Un phénomène à observer, pas une vérité figée

Au final, l’étude relayée par Fast Company illustre une évolution des mentalités parmi certaines générations, mais ne doit pas être interprétée comme une règle universelle. Entre modes de vie changeants, pressions économiques et aspirations personnelles, le rapport aux animaux et à la parentalité est pluriel et complexe.

Ce que révèle ce sondage, surtout, c’est l’importance grandissante accordée à nos compagnons à quatre pattes — une tendance qui, qu’on l’approuve ou non, mérite d’être analysée avec nuance et attention.

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