Venir avec son chien au travail : les agents de cette mairie peuvent le faire depuis septembre
Depuis septembre 2025, la mairie de Cattenom en Moselle autorise ses agents à venir travailler avec leur chien. Cinq mois après la mise en place, maîtres et collègues estiment que l'expérience est réussie. En Belgique, 53% des entreprises auraient adopté cette pratique, selon Radio France. En France, l'initiative reste rare, mais elle interroge : peut-on concilier vie professionnelle et bien-être animal ?
Deux chiens maximum par jour, un planning à respecter
La mairie de Cattenom a mis en place des règles strictes : deux chiens par jour maximum et un planning sur lequel les maîtres inscrivent les jours où ils souhaitent venir avec leur compagnon. Les animaux n'ont pas le droit de se promener librement dans les locaux, ni d'accéder aux zones qui accueillent du public.
Avant d'autoriser cette pratique, la commune a lancé une phase de test de deux mois. Aucune plainte n'a été enregistrée et le projet s’est concrétisé.
Des agents plus apaisés, une cohésion renforcée
Virginie, propriétaire de Gypsie, témoigne d'un changement notable dans son rapport au travail. La chienne de quatre ans, croisée Jack Russell, accompagne désormais Virginie plusieurs fois par semaine et passe ses journées dans un panier installé dans le bureau de sa maîtresse, recevant régulièrement des caresses et de l'attention de la part des collègues.
« J'avais toujours tendance à râler le dimanche soir, en me disant qu'il fallait commencer une nouvelle semaine. Depuis qu'elle vient avec moi, je suis heureuse d'aller travailler. C'était mon rêve depuis toujours de pouvoir amener mon chien au travail. »
Frédéric Peron, chargé d'hygiène et de prévention à la mairie, confie à France Bleu qu'il observe un impact significatif sur au moins une personne. "Elle était très stressée, devait rentrer chez elle tous les midis pour sortir son chien. Depuis qu'elle vient avec son chien, elle a toujours un grand sourire, c'est très positif."
Amélia, une autre agent interviewée qui vient désormais au travail avec sa petite Freya, confie même que l'impact est aussi bénéfique pour sa chienne. D'après elle, l'animal a moins peur des gens, et est de moins en moins timide. Amélia confie aussi que plus de collègues viennent à son bureau pour voir la chienne, ce qui renforce la cohésion de groupe et le lien social.
Aucune loi n'autorise ni n'interdit les chiens au travail
Bernard Zenner, maire de Cattenom, souligne qu'aucun texte de loi n'autorise ou n'interdit la présence d'animaux dans des locaux professionnels en France. Cette absence de cadre juridique laisse aux employeurs la liberté de décider. Le maire compare cette initiative à la mise en place du télétravail.
« Tout ce qui va dans le sens d'une amélioration des conditions de travail des agents, nous essayons de le mettre en place. »
Simon Voltz-Marty, directeur général des services de la commune, insiste auprès de Radio France sur l'anticipation des désagréments. "Nous avons essayé d'anticiper tous les désagréments possibles. La cinquantaine d'agents a répondu à un questionnaire. Personne ne s'est plaint."
En Belgique, 53% des entreprises autorisent les chiens
Selon Radio France, la Belgique serait en avance sur ce sujet : 53% des entreprises autoriseraient désormais les salariés à venir avec leur chien. Cette tendance s'expliquerait par les effets positifs observés sur le stress, la motivation et la cohésion des équipes. Les entreprises y verraient aussi un atout pour attirer de nouveaux talents.
En France, l'expérience de Cattenom reste exceptionnelle. Mais elle pourrait inspirer d'autres collectivités ou entreprises, à condition d'une organisation rigoureuse.
Une alternative pour les propriétaires sans solution de garde
Permettre aux agents de venir avec leur chien résout un problème concret : que faire de l'animal pendant les heures de travail ? Beaucoup de propriétaires rentrent chez eux à midi pour sortir leur chien, ce qui génère du stress, de la fatigue et des trajets supplémentaires. D'autres laissent leur animal seul toute la journée, ce qui peut entraîner anxiété, destruction ou aboiements excessifs.
« C'est aussi une manière d'améliorer la condition animale. Le chien partage la journée de son maître. »
Cette initiative pourrait aussi faciliter les adoptions, car beaucoup de personnes hésitent à adopter un chien parce qu'elles travaillent toute la journée. Les risques d'abandon liés à des problèmes comportementaux causés par la solitude pourraient aussi diminuer.
Quand les conditions sont réunies, les bénéfices des chiens au travail semblent réels : moins de stress pour les agents, meilleure cohésion d'équipe, bien-être animal amélioré. Et peut-être, à terme, une porte ouverte pour davantage d'adoptions responsables.