La France pourrait-elle bientôt interdire certaines races de chiens et de chats ?
Des pays européens ont déjà franchi le pas en interdisant l’élevage de certaines races de chiens et de chats. En France, une proposition de loi vise à mieux encadrer l’élevage de races comme le Bouledogue français, le Carlin, le Persan ou le Maine Coon, dont certaines caractéristiques physiques sont jugées incompatibles avec le bien-être animal.
Ces pays qui ont déjà encadré l'élevage de certaines races
Une proposition de loi visant à interdire certaines pratiques d’élevage a été déposée au Sénat en mai dernier. Porté par le sénateur écologiste Daniel Salmon, ce texte s’inscrit dans une dynamique déjà observée dans plusieurs pays européens, où l’élevage de certaines races a été encadré au nom du bien-être animal.
Les Pays-Bas ont été parmi les premiers à agir. Dès 2014, le pays a interdit l’élevage de chiens dont les caractéristiques physiques compromettent leur santé. Depuis le 1er janvier 2026, la législation néerlandaise est allée encore plus loin en interdisant la détention, l’élevage et la vente de chats Sphynx et Scottish Fold, dont certaines particularités morphologiques sont considérées comme sources de souffrances et de problèmes de santé.
En Norvège, l’élevage du Cavalier King Charles a été jugé illégal par la Cour suprême. Les juges ont estimé que poursuivre la reproduction de cette race revenait à perpétuer des caractéristiques physiques à l’origine de souffrances importantes. Ces chiens sont en effet particulièrement exposés à des troubles neurologiques, des maladies cardiaques ainsi qu’à divers problèmes oculaires.
La France pourrait-elle suivre la même voie ?
En France, aucune restriction comparable à celles adoptées aux Pays-Bas ou en Norvège n’existe aujourd’hui. Déposée au Sénat, cette proposition de loi vise à lutter contre certaines dérives de la sélection génétique des chiens et des chats, qui ont parfois conduit à la reproduction d’animaux dont la santé est durablement dégradée.
Le texte prévoit plusieurs mesures pour limiter ces pratiques. Parmi elles figurent la mise en place de tests génétiques obligatoires avant la reproduction, l’interdiction de promouvoir certaines caractéristiques physiques problématiques dans les publicités ainsi qu’un encadrement renforcé de la vente des chiens et des chats.
L'une des dispositions les plus marquantes concerne la possibilité d'interdire ou de restreindre l'élevage de certaines races jugées incompatibles avec le bien-être animal.
Quelles sont les races de chiens concernées ?
Parmi les races citées dans la proposition de loi figurent plusieurs chiens très populaires. Les chiens à face plate, dits brachycéphales, comme le Bouledogue français, le Bouledogue anglais, le Carlin ou le Cavalier King Charles sont notamment cités en raison des problèmes respiratoires fréquemment associés à leur morphologie.
Le texte cite également le Shar-Peï et le Dogue de Bordeaux, prédisposés à certains problèmes de peau et oculaires, le Teckel, davantage exposé aux hernies discales, ou encore des races de grande taille comme le Cane Corso, le Golden Retriever ou le Berger australien, plus susceptibles de souffrir de dysplasie de la hanche.
L’American Bully, race non reconnue par la Société Centrale Canine, est lui aussi mentionné en raison des troubles orthopédiques observés chez certains individus.
Persan, Maine Coon : ces races de chats citées dans la proposition de loi
Chez les chats, les races brachycéphales comme le Persan ou le British Shorthair sont également citées en raison des troubles respiratoires associés à leur morphologie.
La proposition de loi mentionne aussi des races de grande taille, notamment le Maine Coon et le Sacré de Birmanie, qui présentent un risque accru de maladies cardiaques et de troubles orthopédiques.
Toutefois, le texte ne prévoit pas aujourd’hui l’interdiction automatique de ces races. Si la proposition de loi était adoptée, une liste officielle devrait être définie ultérieurement sur la base d’expertises scientifiques et vétérinaires.
Quelle que soit l’évolution de la législation, l’adoption responsable demeure la meilleure façon de lutter contre les dérives de la sélection animale. Avant d’accueillir un chien ou un chat, il est essentiel de se renseigner sur les besoins, le tempérament et les éventuelles prédispositions médicales d’une race afin de choisir un compagnon adapté à son mode de vie et de répondre au mieux à ses besoins.