Bossanova, chaton de 5 mois à adopter... La "saison des chatons" n'a rien de mignon

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Sur le site du Fonds Saint-Bernard, une nouvelle bouille fait fondre le cœur des internautes. Elle s'appelle Bossanova. À 5 mois et demi (un "demi" qui compte beaucoup à cet âge !), cette petite chatte attend la famille de sa vie. Mais si son regard espiègle invite au coup de cœur immédiat, sa présence en refuge est le symptôme d'une réalité beaucoup plus sombre. Décryptage d'un fléau national, à travers les yeux des bénévoles qui se battent chaque jour sur le terrain.

chaton à adopter dans le Gard auprès d'une association de protection animale

La "saison des chatons" : une expression mignonne pour un désastre silencieux

Voir une jeune chatte chercher un foyer donne inévitablement envie de craquer. L'association qui couve Bossanova la décrit avec tendresse : C’est une petite meneuse de revue ! Elle est adorable, fine, délicate, à la robe toute en douceur... et a évidemment ses moments de folie de jeunes !

Pourtant, d'un point de vue sociétal, l'adoption d'un chaton n'a rien d'anodin. Ce que l'on nomme, dans le secteur de la protection animale, la "saison des chatons" cache en réalité une surpopulation féline incontrôlable, fruit de portées non désirées. Derrière l'attendrissante Bossanova, il y a le spectre des abandons et de la misère animale. L'association Les Pattounes de Saze gère d'ailleurs les conséquences dramatiques de cette négligence humaine.

Bien sûr, nous accueillons les chatons orphelins qu'il faut souvent biberonner, espérer voir grandir... ce qui malheureusement n'est pas toujours le cas, confie Agnès, encore marquée par la perte récente du petit Bonbon, tout en célébrant le sauvetage de chatons comme Mallow le bienheureux. L'association gère aussi des urgences vitales : Nous avons des cas plus lourds qui nécessitent des soins, comme ce chat errant trouvé très amoché que nous allons soigner, parce qu'il mérite d'avoir une chance de survie ! Comme tous !

Stérilisation et puce électronique : le cri du cœur des bénévoles

Pour endiguer le flux constant de chatons en détresse, la solution est connue : la stérilisation et l'identification. Intervenant sur les communes de Saze et Domazan (Gard), l'association mène un travail de titan. Grâce à des conventions avec les mairies et la Fondation 30 Millions d'Amis, un suivi strict des stérilisations est en place sur Saze depuis 14 ans.

Cependant, le quotidien du sauvetage reste une montagne russe émotionnelle, souvent rythmée par l'irresponsabilité de certains propriétaires. Le moment de vérifier si un chat trouvé est identifié est toujours crucial. L'association raconte : Muni de notre lecteur de puce électronique, on vérifie et bien souvent le loulou retrouve son foyer immédiatement... sauf quand il n'est pas identifié. Ce qui nous rend "grognon".

Face à cette charge mentale, le constat des protecteurs des animaux est sans appel : Il y a des jours avec et des jours sans... le moral fait le yoyo. Si chacun prenait ses responsabilités en faisant stériliser ou en nous demandant de l'aide quand ça va mal, et surtout avant que la maison brûle... nous en serions ravis !

Sensibiliser les enfants à l'école : prendre le problème de l'abandon à la racine

Puisque le manque de stérilisation et la banalisation de l'abandon remplissent les refuges de chatons comme Bossanova, guérir ne suffit plus : il faut prévenir. L'empathie envers les animaux étant au programme de l'Éducation Nationale depuis la rentrée 2024, l'association a décidé de s'attaquer à la racine du problème en se tournant vers la nouvelle génération.

Une intervention à l'école primaire de la commune est en préparation. C'est encore à l'état d'embryon, mais j'ai une première réunion avec l'équipe enseignante début octobre, explique Agnès avec enthousiasme. Le but de ces heures d'enseignement civique et moral ? Du CP au CM2, nous allons bâtir une intervention sur les bases : l'identification qui est la carte d'identité de l'animal, comment approcher un chien sans risque, les besoins fondamentaux... le tout de façon ludique.

Adopter Bossanova est un acte magnifique. Mais cela doit s'accompagner d'une prise de conscience. Adoptons ces petits félins, oui, mais engageons-nous surtout à ne jamais les abandonner, à les stériliser systématiquement, et à bâtir une société qui refuse de laisser ses animaux livrés à eux-mêmes dans la rue.

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