Protéger le vivant en automne, c’est aussi penser aux animaux que l’on ne voit jamais

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L’automne nous invite à ralentir. Les journées raccourcissent, les températures baissent et la nature change de rythme. Pour la faune sauvage, cette période est pourtant loin d’être paisible. Jeunes animaux en dispersion, recherche de nouveaux territoires, baisse de la visibilité et déplacements provoqués par les activités humaines augmentent leur exposition aux dangers. Protéger les animaux ne consiste donc pas uniquement à prendre soin de ceux qui vivent à nos côtés : le respect du vivant concerne aussi ceux qui traversent nos paysages sans jamais croiser notre regard.

animal en danger pendant l'automne, errant sur la route

Quand l’automne bouleverse la vie de la faune sauvage

Nous avons l’habitude de penser à la protection animale à travers les chiens, les chats et les animaux domestiques qui attendent une famille dans les refuges. Pourtant, ils ne sont qu’une partie des êtres vivants avec lesquels nous partageons notre environnement. Bien sûr, ils méritent toute notre attention et nos soins en cette période de transition avant l'hiver, mais nous ne pouvons oublier les individus appartenant au sauvage.

Et à l’automne, la faune sauvage se rappelle à nous.

Cette saison correspond notamment à une période de dispersion pour de nombreux jeunes animaux nés au printemps. Devenus progressivement autonomes, ils quittent leur territoire d’origine et partent à la recherche d’un espace où se nourrir et vivre. Pour eux, cette étape est essentielle. Elle est aussi risquée.

Un jeune renard, un hérisson ou un oiseau qui explore un territoire inconnu peut rencontrer une route pour la première fois. Il doit alors composer avec un environnement qui n’a rien de naturel : véhicules rapides, éclairage, habitations et infrastructures ont fragmenté les espaces dans lesquels la faune se déplace.

Une étude réalisée par l’UMS PatriNat et la Direction interdépartementale des routes Ouest, à partir de près de 28 000 signalements recueillis entre 2014 et 2019, a mis en évidence une forte saisonnalité des collisions entre véhicules et animaux sauvages. L’automne apparaît comme une période particulièrement sensible pour plusieurs espèces.

Le raccourcissement des journées ajoute une difficulté supplémentaire. Les périodes où de nombreux animaux sont actifs coïncident davantage avec les heures de circulation et les moments où la visibilité diminue.

Pour certaines espèces nocturnes, cette combinaison est particulièrement défavorable.

Ces animaux ne prennent pourtant aucun risque volontairement. Ils tentent simplement de vivre dans un territoire que nous avons profondément transformé.

Quand les humains bouleversent aussi leurs déplacements

Les routes ne sont pas le seul danger auquel la faune sauvage est confrontée à cette période.

L’automne correspond également à la reprise de nombreuses activités de chasse. Or, les déplacements d’un animal ne sont pas les mêmes lorsqu’il évolue normalement dans son environnement ou lorsqu’il cherche à fuir une menace.

Les recherches consacrées à l’écologie routière montrent que la vitesse et la trajectoire des déplacements jouent un rôle important dans le risque de collision. Lorsqu’un animal est effrayé et se déplace rapidement, il peut parcourir une distance inhabituelle et franchir des espaces qu’il évite habituellement.

Les battues organisées par les chasseurs peuvent ainsi provoquer des mouvements de fuite susceptibles de conduire certains animaux vers des routes. C’est un élément important à prendre en compte lorsqu’on parle de protection du vivant.

Protéger les animaux, ce n’est pas seulement intervenir après qu’ils ont été blessés. C’est aussi comprendre les dangers que nous contribuons parfois à créer autour d’eux.

Cette réflexion rejoint un principe essentiel de la protection animale : considérer les animaux comme des êtres capables de ressentir, de chercher leur sécurité et de répondre à leur environnement, qu’ils vivent auprès de nous ou à distance de nos maisons.

Le bien-être animal concerne aussi ceux qui vivent loin de nous

Au Fonds Saint-Bernard, l’adoption responsable constitue le cœur de notre mission. Aider les associations de protection animale à trouver des familles pour les animaux qui attendent un foyer, c’est leur offrir une seconde chance et agir concrètement contre l’abandon.

Mais cette démarche s’inscrit dans une conviction plus large : chaque animal mérite considération et respect.

Le chien abandonné, le chat recueilli par une association, le cheval maltraité ou l’animal sauvage qui traverse une route ne vivent pas les mêmes réalités. Pourtant, tous sont concernés par notre rapport au vivant.

C’est précisément pour cette raison que la protection animale ne devrait pas s’arrêter aux portes d’un refuge. À l’automne, cela peut commencer par un geste très simple : regarder différemment les routes que nous empruntons quotidiennement.

Un panneau signalant la présence d’animaux sauvages n’est pas un élément du décor. Il indique que nous traversons un espace où des animaux circulent eux aussi. Ralentir dans ces secteurs, particulièrement à l’aube, au crépuscule et la nuit, permet de disposer de davantage de temps pour réagir. Une vigilance accrue est également nécessaire lorsque la végétation borde directement la chaussée ou lorsque la visibilité est limitée.

Car nous oublions facilement une chose : la route que nous empruntons au quotidien, traverse aussi leur territoire.

Nous ne verrons jamais la majorité des animaux dont nous partageons pourtant l’environnement. Nous ne connaîtrons pas leur histoire, ne recueillerons pas leur détresse et ne saurons parfois même jamais qu’ils étaient là. Cela ne signifie pas que leur vie compte moins.

La protection animale commence avec les animaux que nous pouvons aider directement. Elle peut aussi s’élargir à tous ceux dont nous avons la responsabilité indirecte, simplement parce que nos choix et nos infrastructures influencent leur existence.

Cet automne, protéger le vivant peut donc prendre une forme très simple : ralentir, observer et laisser de la place à ceux qui vivent autour de nous.

Parce que respecter les animaux, ce n’est pas uniquement leur ouvrir la porte d’un foyer. C’est aussi accepter qu’ils aient leur place dans le monde que nous partageons.

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