Votre animal à l’habitude de sortir ? L’arrivée du printemps annonce aussi celle des chenilles processionnaires et des dangers qu’encourent vos animaux à leurs contacts ! Souvent méconnue des propriétaires de chats et de chiens, cette petite chenille représente pourtant un véritable danger pour l’animal et l’homme. Quels sont les risques liés à ce contact, les symptômes et surtout comment prévenir et guérir nos amis à quatre pattes de ce phénomène ? On vous en dit plus sur cette petite chenille extrêmement urticante !

Chenille processionnaire : de quoi parle t-on ?

La chenille processionnaire est un stade larvaire du papillon qui doit son nom à son mode de déplacement. En effet, les chenilles processionnaires circulent en groupe et se suivent en file indienne. La chenille située en tête émet un fil de soie, qui se raccorde à celui que fabrique la suivante et ainsi de suite. Ces chenilles ont un fort instinct grégaire, elles se déplacent ensemble, élaborent des nids ensemble. Ces nids s’apparentent à de gros cocons de soie blanche tissés directement sur l’arbre qu’elles parasitent.

Il existe deux espèces de chenilles processionnaires qui se nourrissent de deux espèces d’arbres différents :

  • La chenille du Pin : chenille de couleur brune-noirâtre avec des tâches roux clair sur le dessus et les côtés. Cette espèce est très velue, pourvue de long poils clairs et peut atteindre 5cm de long.
  • La chenille du Chêne : chenille de couleur plus claire, gris argenté dont l’espèce également très velue peut atteindre jusqu’à 3,5 cm de long.

Chenille processionnaire : quel danger pour le chien et le chat ?

Mais quel est le problème avec ces petites bêtes ? Lorsque les chenilles sont touchées ou même stressées, elles libèrent de microscopiques poils urticants et allergisants munis de minuscules crochets qui s’accrochent à la peau et aux muqueuses. Une fois accroché, le poil se brise libérant une toxine. Résultat : il faut absolument éviter de les toucher, aussi bien pour vous que pour vos animaux.

Les chiens et les chats sont naturellement attirés par ces chenilles au mode de déplacement si particulier et ne résistent pas longtemps à l’envie de jouer avec ou de les attraper. C’est pour cela que les lésions se situent généralement au niveau de la bouche et du museau, voire même au niveau du tube digestif s’il déglutit ou au niveau des coussinets. Les lésions peuvent également apparaître au niveau des yeux ou de l’appareil respiratoire car les poils des chenilles sont très volatiles et peuvent rapidement être inhalés ou atteindre les yeux.

Quels sont les symptômes en cas de contact ?

Une fois en contact avec la peau (pattes, corps, museau) ou les muqueuses (babines, langues, yeux) les poils urticants de la chenille ont un effet similaire à celui de centaines de micro piqûres. Cela déclenche de violentes irritations et une réaction de type allergique pouvant aller jusqu’à l’apparition d’oedème. Les effets sont d’autant plus grave que l’animal cherchera malheureusement très souvent à se lécher pour apaisé la douleur et répandra les poils sur sa langue ! On constate, dans ce cas, une très forte salivation et l’animal frotte sa gueule avec les pattes en signe de gêne importante.

Les poils des chenilles étant très volatils, peuvent également être inhalés et provoquer des atteintes respiratoires ou dégrader l’état général de l’animal. Si cela touche les yeux, les poils urticants peuvent endommager l’oeil allant jusqu’à la perte de la vue.

Les deux plus gros dangers sont alors :

  • le choc allergique appelé choc anaphylactique : une réaction allergique si violente qu’elle peut gêner la respiration et tuer l’animal
  • la nécrose de la langue : l’inflammation et l’infection qui suit attaquent la langue et la détruisent obligeant souvent le vétérinaire à en enlever un morceau voire à euthanasier l’animal concerné qui ne peut alors plus se nourrir.

Que faire en cas de contact avec une chenille processionnaire ?

Comme expliqué plus haut, le moindre contact de votre animal avec des chenilles processionnaires est une urgence ! Appelez immédiatement votre vétérinaire ou la clinique vétérinaire la plus proche pour qu’ils prennent rapidement en charge votre chien ou votre chat. N’essayez pas de soigner vous-même votre animal car en plus de le mettre en danger, vous risquez d’être atteint à votre tour par les poils urticants de la chenille qui restent actifs au contact. Avec des gants, rincez abondamment la gueule ou la zone touchées et amenez immédiatement votre animal chez le vétérinaire.

Seul un vétérinaire pourra nettoyer et soigner correctement les zones enflammées et administrer le traitement adéquate. Après les premiers soins donnés, les blessures de l’animal seront suivies pendant plusieurs jours afin de juger de leur évolution, notamment au niveau de la langue qui peut être amenée à être réduite par chirurgie en cas de nécrose.

La prévention reste la meilleure solution pour protéger nos animaux

Au final, rien ne vaut la prévention contre les chenilles processionnaires. Pensez donc à éviter de laisser votre chien sans laisse durant vos promenades, et surveillez la présence de nids de chenilles processionnaires sur les arbres de votre terrain.

À quelle saison rencontre-t-on les chenilles processionnaires ?

Les chenilles processionnaires deviennent urticantes vers novembre mais c’est à partir du printemps et ce jusqu'à la fin de l'été qu’elles sont le plus dangereuses pour vos animaux. En effet, c’est à cette période que les chenilles descendent des arbres pour s’enfouir dans le sol. En sortiront ensuite des papillons inoffensifs entre la fin du mois de juin et la mi-août.

Restez donc très vigilants tout au long de l'été, tout particulièrement si vous passez vos vacances dans le sud du pays, mais pas seulement. En effet, encouragé par le réchauffement climatique, le front d'invasion de la chenille processionnaire ne cesse hélas de s'étendre en France.

Où peut-on trouver ces chenilles ?

Originaire du pourtour méditerranéen, la chenille processionnaire ne cesse d’étendre sa zone de présence. Ce phénomène s’expliquant largement par le réchauffement climatique observé sur le territoire français. On les retrouve désormais très largement en Alsace, Bourgogne, Ile de France, Centre, Poitou Charentes et Midi Pyrénées. Même si votre région de vie n’est pas directement concernée, il est indispensable de connaître ce problème car vous pourriez y être confronté en déplacement ou voyage et faire courir un risque grave à votre animal.

Comment protéger mon environnement ?

Il n’existe malheureusement pas de traitement préventif pour lutter contre les effets urticants des chenilles processionnaires. Quelques gestes simples pourront cependant vous aider à mieux protéger vos animaux. Soyez observateur et surveiller l’éventuelle présence de nid ou de chenille. Dans le cas où vous découvrez une zone infestée :

  • Ne cherchez pas à détruire vous-même les nids ou les chenilles, ni à jouer avec des branches porteuses de nids.
  • Prévenez votre mairie car certaines communes ont des plans de gestion liées à ces chenilles.
  • Ne vous risquez pas dans les bois infestés par jour de vent ! Les poils urticants peuvent être emportés dans l’air ambiant
  • Ne tondez pas directement après le passage des chenilles car vous risquez de faire voler les poils et de contaminer votre panier de ramassage
  • Arrosez bien la zone de passage après la procession des chenilles afin de chasser les poils

Les chenilles processionnaires représentent un véritable danger sanitaire. Il existe différents moyens de lutte contre cet insecte dont le contact peut dans certains cas être mortel. Dans une vidéo, Actu environnement nous explique ce phénomène et nous présente les différents moyens qu’il existe pour ralentir leur prolifération dont l'intégration de certains oiseaux !

 

 

 

> Lire aussi : SOS les oiseaux en voie de disparition !