La mort est au centre du sujet de la vie, pourtant on se projette plus souvent sur la mort de son animal, comment l’appréhender, comment la gérer, comment la surmonter … et beaucoup plus rarement sur notre propre disparition. Qu’adviendra-t-il de notre animal lors de notre décès ? Que pouvons-nous faire pour protéger nos compagnons ?

Tout d’abord il est important de lever un tabou : prévoir ne fait pas mourir ! Rédiger un testament, prendre des dispositions au cas où il nous arriverait quelque chose ne va pas nous précipiter dans l’au-delà, bien au contraire cela permet de vivre plus sereinement.

Il n’y a pas d’âge pour penser à l’avenir de son animal 

Les Associations de protection animale sont bien souvent sollicitées pour prendre en charge des animaux dont le maître vient de décéder ou est hospitalisé, gravement malade, ou gravement diminué. Si les personnes âgées s’inquiètent souvent de ce que deviendra leur animal à leur décès les plus jeunes n’y pensent pas, et pourtant les morts prématurées par accident et même par maladie cela arrive hélas souvent.

Que prévoit la loi lors du décès du propriétaire d’un animal ?

Depuis 2015 le code civil stipule que « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité » pour autant ils demeurent soumis au régime des biens meubles en cas de décès de leur maître. Cela signifie qu’ils seront « partagés » entre les héritiers au même titre que vos biens personnels (meubles, bijoux, voiture etc ..). Par conséquent ce sont généralement les enfants qui héritent des animaux mais cela peut être les parents (ascendants) si vous n’avez pas d’enfants, ou des neveux et nièces, oncles, tantes, cousins, en fonction des membres de votre famille qui sont les plus proches dans la ligne successorale. Lorsque personne ne souhaite prendre en charge l’animal il sera généralement amené à la SPA.

Parlez-en avec vos proches

Discutez avec les personnes qui vous sont proches, qui connaissent vos animaux, demandez-leur si elles seraient d’accord pour les prendre en charge s’il vous arrivait quelque chose. Bien souvent les personnes âgées pensent que leurs enfants s’occuperont de leur animal, mais ils ont déjà leur vie, leurs propres animaux, ou n’en souhaitent pas et ne veulent pas assumer cette charge. Plutôt que présumer il vaut mieux demander.

Pourquoi rédiger un testament ?

Si vous voulez protéger vos compagnons le plus sûr est de prendre des dispositions par voie testamentaire. Il n’y a pas d’obligation de déposer votre testament chez un notaire pour autant cela apporte plus de sécurité, le testament sera enregistré cela évite qu’il ne soit perdu, contesté, invalidé … Vous trouverez des modèles sur internet cela n’est pas compliqué il faut juste suivre une certaine forme et l’écrire de votre main. L’enregistrement chez le notaire ne coûte pas très cher alors n’hésitez pas à vous renseigner.

Que faut-il prévoir dans son testament ?

Dans votre testament désignez la personne à qui vous souhaitez que votre animal soit confié, bien sûr parlez en d’abord avec la personne concernée. Vous pouvez désigner la personne de votre choix, même sans aucun lien de parenté. Vous pouvez également prévoir de léguer une somme d’argent à cette personne afin de couvrir les frais futurs de votre animal. Ainsi personne ne pourra « disposer » de votre animal et il ne sera pas remis à la SPA. Si vous n’avez personne à qui confier votre animal vous pouvez également faire un don « important » à une Association de protection Animale en stipulant dans votre testament que vous souhaitez qu’en contrepartie l’association prenne soin de votre animal. Il est important de bien rédiger ce que vous attendez de l’association de protection animal afin que vos dernières volontés soient respectées, dans ce cas faites-vous conseiller par votre notaire pour la rédaction. Vous pourrez également désigner une personne de confiance qui restera en contact avec l’Association et pourra rendre visite à votre animal afin de s’assurer que vos volontés sont bien respectées.

Mon animal peut-il hériter ?

La réponse est non ! Pas en droit français. Inutile donc de désigner votre animal comme bénéficiaire testamentaire, si cela se fait aux Etats-Unis ce n’est pas possible chez nous. La somme d’argent que vous vouliez laisser à votre compagnon doit donc être léguée à une personne de confiance à qui vous demandez en retour de veiller sur votre animal. Attention toutefois aux droits de succession de 60% dont devra s’acquitter la personne héritière sans lien de parenté avec vous.

Si la perte d’est un animal est une terrible épreuve, la perte de son maître pour un animal l’est tout autant. La personne qui acceptera de prendre en charge votre compagnon devra faire preuve de patience et l’entourer de beaucoup d’amour afin qu’il puisse petit à petit faire son deuil. Certains animaux pensent avoir été abandonnés ou attendent inlassablement le retour de leur maître, il ne faut pas hésiter à leur parler, se faire aider d’un comportementaliste ou d’un communicateur animalier, prendre conseil auprès d’un vétérinaire si l’animal présente des difficultés d’adaptation à sa nouvelle vie ou semble dans un état dépressif. Comme pour un humain le temps et l’amour feront leur œuvre.

Ces articles pourraient vous intéresser : J'ai décidé d'adopter un chat ou un chien senior - 7 bonnes raisons d'adopter un senior