Cette semaine une étude du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et du Muséum national d'histoire naturelle indique une disparition massive et très inquiétante des oiseaux en France. Il est évoqué un déclin "proche de la catastrophe écologique". En cause ? les pesticides qui détruiraient l’alimentation (plantes et insectes) des oiseaux dont le tiers toutes espèces confondues aurait disparu.

1 individu sur 3 disparu en 15 ans !

C’est un tiers des oiseaux qui ont disparu en 15 ans avec une intensification du phénomène ces deux dernières années. Il est urgent de se remettre en question et de se tourner vers nos agriculteurs afin que des changements profonds soient opérés sans attendre. Il est impératif de changer de modèle agricole. La France n’est pas la seule à être concernée, la situation est toute aussi alarmante dans les autres pays européens.

Les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni ont déjà pris des mesures mais hélas le phénomène n’a pu être ralenti, ces mesures n’étant pas suffisamment généralisées. On parle depuis plusieurs années de la disparition des abeilles mais c’est une disparition des insectes en règle générale (-80% en Europe selon certaines études), qui prive les oiseaux de nourriture, et avec la destruction des plantes les oiseaux ne trouvent plus de graines. Il a été constaté que le phénomène s’était amplifié en 2008/2009 lors de la fin des jachères qui avaient été imposées par la PAC (politique agricole commune) européenne mais aussi avec « la généralisation des néonicotinoïdes » (produits toxiques utilisés comme insecticide) et l’enrichissement massif des sols au nitrate pour la production du blé.

Le modèle agricole en cause, mais pas que !

On note également une diminution de l’habitat des oiseaux, la compagne recule et les oiseaux avec. Moins de pairies, de champs, de marais, tout autant d’endroits où les oiseaux peuvent s’abriter et se reproduire. Sont cités l’alouette, l’hirondelle ou la perdrix grise mais toutes les espèces sont touchées et vous avez du vous-même le constater dans vos jardins ou ballades en nature. Certains pays travaillent même sur la réintroduction d’espèce déjà disparues à l’état sauvage. Même des espèces qui vivent en milieu boisé sont touchées démontrant une baisse de la qualité de l’éco système.

Des solutions existent pour lutter contre ce phénomène

Bien entendu des solutions existent et sont connues mais demandent un changement profond, et donc un investissement considérable pour des résultats qui seront longs à arriver. Il est nécessaire de préserver notre biodiversité, le remplacement de l’agrochimie par l’agroécologie pourrait être envisagée mais cela implique une prise de conscience générale, à l’échelle mondiale et sans délai avant que la situation ne soit irrémédiable. Ces mesures sont pourtant nécessaires pour l’agriculture elle-même qui a aussi besoin des insectes pour survivre.

Des actions à la portée de tous !

Nous restons partisans du fait que chacun peut faire quelque chose à son niveau. Si nous ne pouvons pas changer la politique agricole de la France nous pouvons déjà nourrir les oiseaux qui sont dans nos jardins. Déjà pour le plaisir de voir leur ballet incessant pour venir picorer quelques graines, et ensuite pour continuer à entendre leur chant le matin au réveil.

Rendre son jardin accueillant pour les oiseaux

Hélas les oisillons ont besoin d’insectes et il est impossible d’aller les nourrir, ce serait prendre le risque de perturber le nid et que la mère abandonne ses petits, mais nous pouvons aider les adultes à survivre pendant l’hiver et faciliter leur recherche de nourriture tout au long de l’année. Accrocher des boules de graisse dans les arbres et investir dans un abri à oiseaux pour déposer des graines ne nécessite pas un gros sacrifice alors pensons à l’avenir de nos oiseaux et au nôtre.

> Pour aller plus loin : Grand froid : comment aider les animaux ?

Limiter la prédation de son chat sur la petite faune sauvage

Vous avez des chats ? Sachez également que faire stériliser votre chat participe aussi grandement à la protection des oiseaux. En effet, le chat a un rôle essentiel de régulateur dans la nature. En surpopulation, le chat fait rapidement des ravage sur la faune et la flore participant ainsi à la disparition de nombreuses espèces d'oiseaux ou de rongeurs. La LPO propose aujourd’hui des solutions pour que chat et petite faune sauvage puissent vivre en harmonie.


> Pour aller plus loin : Pourquoi faire stériliser son animal

> Pour aller plus loin : Campagnes de stérilisation : pour quoi faire ?

Participer à la surveillance des espèces

Depuis les années 1990, un dispositif de veille des oiseaux communs a été mis en place par le MNHN, le programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs), qui s’appuie sur la participation de nombreux ornithologues amateurs et professionnels. Vous souhaitez contribuer à la sauvegarde des animaux de votre jardin ? Découvrez Vigie-Nature, un programme de sciences participatives ouvert à tous les curieux de nature, du débutant au plus expérimenté qui a pour objectif de faire un inventaire et un suivi des espèces. 

BirdLab, l'application qui permet de collecter des informations sur les oiseaux de votre jardin !

Aidez les scientifiques à suivre les oiseaux tout en vous amusant avec l'application BirdLab. Première opération de sciences participatives associant jeu et observation sur smartphone, BirdLab est un jeu mobile permettant de collecter des informations sur les comportements de nourrissage des oiseaux en hiver.

Il n'est pas nécessaire de savoir déjà reconnaître les espèces : téléchargez l'application BirdLab, installez deux mangeoires chez vous et vous êtes prêt pour participer !

Venir en aide aux oiseaux blessés ou en détresse

Pour faire face au nombre croissant d'oiseaux victime de l'activité humaine, de nombreux centres de soins se sont développé. Mais avant de venir en aide à l'oiseau, vérifiez, dans un premier temps, que celui-ci est bien blessé ou en situation de détresse ! En effet, de trop nombreux animaux sauvages sont recueillis et amenés en centre de sauvegarde sans réelle cause de détresse. Prenez le temps d’observer, de regarder l’environnement dans lequel vous l'avez trouvé. C’est important car un animal n'est pas forcément en détresse ou abandonné par ses parents quand on le trouve au sol.

Idéalement, ne recueillez un animal que s’il est manifestement blessé (aile pendante, trace de saignement, impossibilité de se tenir sur ses pattes). La majorité des animaux sauvages craint l’homme. Oiseaux et mammifères s’enfuient instinctivement à son approche. Un individu adulte qui reste immobile est vraisemblablement malade, affaibli ou blessé. Incapable de se défendre, il s’expose à la prédation par d’autres animaux et à des dangers divers (faim, déshydratation, épuisement…) : intervenir s’impose !

La LPO dispose de centres d'aide aux 4 coins de la France (Ile-Grande, Clermont-Ferrand, Buoux, Audenges, Castres, Rosenwiller, Villeveyrac et 2 unités mobiles stationnées à la Rochelle. Vous êtes dans une autres région ? Contactez le Centre de Sauvegarde Affiliés UFCS le plus proche de chez vous ! Vous êtes dans le Rhône ? le CSOL pourra rapidement prendre en charge tout type d'oiseaux blessé !